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GenèveElections: la brochure officielle outre les partis

L'UDC annonce dès à présent qu'elle va saisir la justice. En cause, une très maladroite page de mode d'emploi pour voter.

par
jef
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Le visuel qui a suscité l'ire des partis et devrait faire l'objet d'un recours. Il a été retiré du site de l'Etat mardi matin.

Le visuel qui a suscité l'ire des partis et devrait faire l'objet d'un recours. Il a été retiré du site de l'Etat mardi matin.

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Mardi après-midi, le visuel avait été remplacé: tous les noms, formés de jeux de mots, sont devenus fictifs.

Mardi après-midi, le visuel avait été remplacé: tous les noms, formés de jeux de mots, sont devenus fictifs.

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Les élections cantonales genevoises d'avril seront sans aucun doute frappées d'un ou de plusieurs recours. En cause, la brochure officielle éditée par la chancellerie, en particulier la page expliquant la marche à suivre pour choisir les sept conseillers d'Etat. Celle-ci représente un faux bulletin de vote. Les noms de certains partis correspondent à la réalité, d'autres sont fantaisistes. Les noms de certains candidats sont exacts ou presque (ceux du PLR, des socialistes et des Verts, par exemple), d'autres sont inventés de toutes pièces (ceux du PDC ou des Verts libéraux). Parfois, un nom manque, comme celui de l'UDC Yves Nidegger, alors que ses deux colistiers sont nommés. Et quelques noms sont précédés de croix, comme s'ils avaient été désignés: ceux de trois PLR et de deux socialistes.

Ainsi que l'a révélé ce mardi la «Tribune de Genève», Yves Nidegger annonce d'ores et déjà un recours. «Le devoir d'information a objectivement été violé, dans les mêmes proportions que lors de l'affaire Pagani (ndlr: qui avait conduit à l'annulation du scrutin budgétaire municipal de septembre). Quelle que soit l'intention, le résultat, c'est que des croix restent dans les rétines, et que l'attention est attirée par certains noms. Cela torpille la libre volonté de l'électeur.»

Recourir avant ou après le scrutin?

Le politicien UDC hésite encore quant à l'opportunité de saisir la justice dès maintenant, ou d'attendre le résultat du scrutin. «La Constitution dit que les élections du Parlement et du Conseil d'Etat doivent se dérouler en même temps. Peut-être que si on bloque tout maintenant, on fait plus de casse», redoute-t-il. Il explique en effet n'avoir pas l'intention d'entraver la reconduction du Grand Conseil.

«Incompétence»

Quant aux raisons de ce qui apparaît à tout le moins comme une maladresse de la chancellerie, il juge que l'on se situe «plutôt dans l'incompétence que dans la machinerie machiavélique». Il considère également que le Conseil d'Etat «a commis une faute» en ne s'intéressant pas plus tôt à cette brochure, car il estime impensable qu'il se soit penché sur la question sans tiquer.

Brochure retirée du site de l'Etat

La brochure officielle a déjà été envoyée aux Genevois de l'étranger. Le visuel querellé y est peu visible. En revanche, il l'était nettement plus sur la version électronique du document. Celle-ci a, depuis ce mardi matin, été retirée du site de l'Etat.

La chancellerie s'exprimera dans le courant de l'après-midi par le biais d'un communiqué de presse.

Pluie de noms fictifs

Mardi en début d'après-midi, la brochure officielle a fait sa réapparition sur le site de l'Etat, mais exit les noms exacts qui avaient tant fâché. Là voilà entièrement remplie de noms fictifs, tous issus de jeux de mots: Jean Tenrien, Lara Vissante, Gérard Manvusa, etc.

La chancellerie plaide la maladresse

La chancellerie explique ce mardi après-midi avoir agi "de bonne foi et commis une maladresse". L'illustration mélangeant noms fantaisistes et réels a été réalisée et produite durant l'été 2017 "pour des tests de lecture optique". Dans la brochure officielle, l'image est réduite 7,5 fois par rapport à la taille réelle du bulletin, ce qui la rend presque illisible. En revanche, la version en ligne peut être agrandie. L'Etat, alerté ce mardi à 7h, l'a retirée à 8h30. La nouvelle version a été mise en ligne à 12h10. La chancellerie "estime que cette situation malencontreuse n'est pas de nature à influencer la libre formation de l'opinion".

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