Espagne: Elections régionales sur fond de crise
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EspagneElections régionales sur fond de crise

Le gouvernement socialiste espagnol espère garder le contrôle de la Galice et s'imposer au Pays basque à l'occasion d'élections régionales dimanche.

Le scrutin aura valeur de test dans un contexte de récession et de controverse politique.

Jusqu'ici, les sondages montrent que l'opinion continue de soutenir le gouvernement national de José Luis Rodriguez Zapatero malgré le ralentissement de l'économie espagnole, que la Commission européenne s'attend à voir se contracter de 2% cette année.

Mais la campagne des socialistes dans les deux régions du Nord est affectée par le fait que l'ex-ministre de la Justice du pays a participé à une partie de chasse en compagnie du juge Baltasar Garzon, qui enquête sur une affaire de corruption mettant en cause l'opposition conservatrice.

Les deux scrutins régionaux du 1er mars peuvent aussi bien se révéler salutaires que fatals à l'opposant Mariano Rajoy, chef du Parti populaire (PP) qui doit s'accommoder d'une enquête pour corruption où sont mis en cause des membres de son parti. Les embarras du PP expliquent en partie que les socialistes gardent l'avantage sur le plan national, selon des analystes.

«Les gens en ont assez et (...) ne trouvent aucun des deux partis très attirant à l'heure actuelle», dit Charles Powell, professeur d'histoire à l'université San Pablo de Madrid.

Percée au pays basque?

Zapatero compte sur une percée au Pays basque, où le Parti nationaliste basque (PNV) est au pouvoir depuis 1980 mais n'a pas réussi à tenir l'an dernier un référendum sur les liens de la région avec le reste de l'Espagne.

Bien que les partis liés au mouvement séparatiste ETA soient exclus des élections, l'explosion d'un engin artisanal lundi devant un local socialiste au Pays basque a rappelé aux électeurs que la violence n'était jamais loin dans la région.

Les enquêtes d'opinion font apparaître un renforcement du camp socialiste parmi les Basques, las de quarante années de violences, mais le parti devrait sans doute conclure un accord épineux avec le PP pour gouverner la région.

En Galice, l'union des socialistes avec les nationalistes locaux a souffert d'une controverse liée au coût de la remise à neuf des locaux gouvernementaux et le Parti populaire croit possible de l'emporter.

Chômage à 14%

«Si les résultats sont vraiment mauvais pour le Parti populaire, cela pourrait déclencher un processus susceptible d'aboutir au remplacement de Mariano Rajoy en tant que chef du parti», estime Charles Powell.

L'effondrement du secteur immobilier pousse l'Espagne vers une récession qui s'annonce la plus grave depuis un demi-siècle. Le taux de chômage a quasiment doublé pour atteindre 14%. Les Espagnols redoutent certes le statu quo mais ne sont pas persuadés que l'opposition puisse mieux faire, ajoute M. Powell.

Leur irritation n'a pu que croître devant le préjudice porté aux socialistes par l'enquête sur l'affaire de corruption, le ministre de la Justice Mariano Fernandez Bermejo ayant démissionné lundi après la révélation de sa partie de chasse en compagnie du juge Garzon.

«Ces nouveaux développements n'amusent plus personne, mais ils commencent à soulever de l'indignation», écrit le commentateur politique Fernando Jauregui sur son blog. «Il est possible, si l'on examine de près les sondages (...) qu'un très grand nombre de gens s'abstiennent tout bonnement de voter.» (ats)

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