Elections-test pour la démocratie en Sierra Leone
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Elections-test pour la démocratie en Sierra Leone

FREETOWN, Sierra Leone - Quelque 2,6 millions des 5 millions de Sierra-Léonais étaient appelés à voter samedi lors d'élections présidentielle et législatives cruciales pour l'ancrage de la démocratie.

C'est le premier scrutin dans ce pays depuis le départ des Casques bleus fin 2005.

Le vice-président Solomon Berewa, 69 ans, apparaît comme le favori des sept candidats à la succession du président Ahmed Tejan Kabbah, 75 ans, qui achève son second mandat et à qui la Constitution interdit de se représenter. Ses principaux rivaux sont Ernest Bai Koroma, homme d'affaires de 54 ans, à la tête du principal parti d'opposition, le Congrès de tout le peuple (APC), et Charles Francis Margai, 62 ans, avocat et ancien ministre qui se présente au nom du Mouvement populaire pour le changement démocratique (PMDC).

Charles Margai, chef de file des réformateurs, a créé le PMDC il y a 15 mois après avoir quitté le Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP) du président. Ahmad Tejan Kabbah s'est effacé, laissant le vice-président Salomon Berewa, exercer l'essentiel du pouvoir.

Le scrutin de samedi permettra également de renouveler les 112 sièges du Parlement, brigués par 572 candidats. Les résultats sont attendus dans les 12 jours suivant le vote, selon la commission électorale.

La Sierra Leone, qui compte parmi les pays les plus pauvres du monde, est encore convalescente de la décennie de guerre civile et de coups d'Etat qui a pris fin en 2002 après l'intervention des soldats britanniques et Casques bleus et la déroute du Front révolutionnaire uni (RUF), responsables de nombreuses atrocités contre la population.

Indépendant de l'empire britannique depuis 1961, le pays souffre de la pauvreté, du chômage, de la mauvaise gouvernance et de la corruption et sa jeunesse est désillusionnée, mais semble sur la bonne voie. Le président Kabbah, élu en 2002, a maintenu la stabilité et reconstruit les principales infrastructures, gravement endommagées par la guerre. Des élections municipales ont eu lieu en 2004.

En juillet dernier, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) soutenu par les Nations unies a prononcé ses premières condamnations.

La guerre civile a fait des dizaines de milliers de morts mais cette page paraît tournée. Cependant la stabilité du pays est largement liée à une nécessaire réforme de l'industrie du diamant, l'une des principales ressources de la Sierra Leone, qui a alimenté le sanglant conflit, imbriqué avec celui du Liberia voisin. Officiellement, 125 millions de dollars de diamants (91 millions d'euros) ont été exportés l'an dernier mais, selon l'organisation Peace Diamond Alliance, la contrebande aurait rapporté trois fois plus. (ap)

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