Actualisé 24.05.2007 à 15:03

Electricité: les prix grimpent

La tendance est clairement à la hausse en Suisse romande.

Les perspectives sont clairement à la hausse pour le prix de l'électricité en Suisse romande. Certains distributeurs valaisans ont déjà signifié des augmentations substantielles à leur clientèle. Les Services industriels de Genève passeront à l'acte l'an prochain.

Revenant sur un éclairage publié mercredi dans «Le Temps», le porte-parole de Romande Energie, qui compte 200 000 clients, Daniel Herrera reconnaît qu'un renchérissement des tarifs n'est pas exclu. «La marge des distributeurs est déjà sous pression», a-t-il dit à l'ATS.

Parmi les raisons principales, M. Herrera cite la forte hausse des prix du courant, à certains moments, sur la Bourse EEX. Les distributeurs ont parfois été contraints à payer jusqu'à 1 franc le kilowattheure (KWh), alors qu'ils ne le vendent qu'un cinquième de ce prix.

Pour le cas spécifique de Romande Energie, M. Herrera souligne toutefois que la société a octroyé deux baisses successives en 2005 et 2006. Elles ont amputé ses revenus de 46 millions sur cette période.

Hausse à Genève en 2008

A Genève, les SIG ont pour leur part déjà décidé d'adapter leurs prix l'an prochain. Le niveau de l'augmentation, qui est du ressort du Conseil d'Etat, n'a pas encore été arrêté, «mais une augmentation de 20% ne me surprendrait pas», a déclaré au «Temps» Raymond Battistella, le directeur de l'entreprise.

En Valais, les distributeurs ont dû adapter leurs prix de manière spectaculaire en pourcentage, jusqu'à plus de 40%. La situation y est toutefois particulière, car les entreprises électriques bénéficiaient par exemple jusqu'il y a deux ans d'avantages, comme l'exemption du timbre sur la très haute tension.

Ces frais ont grimpé. Tout comme ceux d'achat de courant produit à l'étranger. Le cas valaisan est donc en passe de disparaître. A Monthey, les Services industriels ont par exemple prévu d'augmenter leurs tarifs de 5 centimes à 16 centimes pour le haut tarif et à 12 pour le bas tarif. La décision a toutefois été contestée par référendum. La votation aura le 17 juin.

Sans marge

«En Valais, on travaillait jusqu'il y a peu sans marge. Actuellement, aux tarifs que nous pratiquons à Monthey, nous perdons de l'argent», a expliqué Raymond Vaudroz, des Services industriels de la ville du Chablais.

Les Forces motrices valaisannes (FMV), qui opèrent comme grossiste, ne cachent pas que les contrats à long terme qui arrivent à échéance doivent être négociés aux prix du marché. «Et ceux-ci sont nettement plus élevés qu'il y a trois ou quatre ans», a affirmé Etienne Calloz, directeur des FMV.

Le début de la libéralisation du marché helvétique va donc immanquablement intervenir l'an prochain dans un contexte de renchérissement. La stratégie qu'observeront les opérateurs envers les gros consommateurs reste pour l'heure ouverte. Tout le monde observe tout le monde.

A noter qu'en montant ses tarifs du KWh à 16 centimes pour les petits consommateurs, Monthey restera encore clairement en-dessous de ce que paient Vaudois, Genevois, Fribourgeois et Neuchâtelois. Ceux-ci s'acquittent en moyenne de 20 centimes, ou plus, par KWh.

Pas de hausse agendée pour le Groupe E

Et si les SIG pensent à adapter leurs tarifs, le Groupe E (ex- Entreprises Electriques Fribourgeoises et Electricité neuchâteloise SA) va de son côté essayer de ne pas les bouger. «L'objectif est de garder un prix optimal pour le client final», a commenté Annette Zunzer, sa porte-parole. Elle reconnaît toutefois que la volatilité des prix s'est accrue et ne peut exclure une hausse «à un certain moment».

Pas d'augmentation des tarifs en vue non plus du côté de BKW FMB Energie, les ex-Forces motrices bernoises. La société estime que ses coûts de production ne justifient pas d'augmentation. (ats)

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