21.10.2019 à 04:01

Vaud

Élève violent viré de l'école pour de bon

Le comportement d'un ado en classe a dépassé toute limite. Il est exclu à jamais de l'école publique. Une mesure rarissime.

de
Christian Humbert

Un jeune de 14 ans violent et perturbateur peut se voir exclu définitivement de l'école obligatoire. Après d'innombrables avertissements, un jeune Marocain sans passeport a subi l'ultime sanction en mars dernier. Et comme il attend encore une condamnation du Tribunal des mineurs pour avoir abusé d'une camarade en présence de copains filmant la scène, il risque même de se faire expulser de Suisse avec sa maman. Au total, 29 courriers ont été adressés à la famille au sujet des turpitudes du rejeton. Loin d'en prendre acte, la maman a même été condamnée en 2018 pour avoir négligé que son fils fréquente régulièrement l'école. Elle a aussi contesté son exclusion en justice et a été déboutée le mois dernier.

Les problèmes ont commencé tôt pour ce Marocain. À l'âge de 7 ans, il s'est déjà fait remarquer pour des problèmes de discipline et de comportement. Même des foyers spécialisés l'ont renvoyé pour ses violences et menaces. Son dossier montre une résistance à toute autorité: il refuse les travaux, n'effectue pas ses devoirs, arrive en retard, vêtu d'un training, casquette sur la tête, chewing-gum en bouche. Il perturbe la classe, insulte les profs et crée une «ambiance détestable en classe».

S'en sont suivis des exclusions temporaires et l'intervention de spécialistes. Sans succès. «Le recourant a dépassé toutes les limites», a insisté le Département de la formation. Il a été suivi par le Tribunal cantonal: «Il y a un intérêt public incontestable à ce qu'élèves et enseignants évoluent dans un environnement sécurisé.»

La loi le prévoit

La loi scolaire vaudoise permet l'exclusion définitive d'un élève durant la scolarité obligatoire, «si toutes les mesures (punitions, mise à l'écart, arrêts) ont été épuisées», et sur la base d'une demande motivée du directeur, pour autant que les parents aient été entendus. Le Département de la formation doit «s'assurer qu'une prise en charge par la famille ou le Service de la protection de la jeunesse est formellement garantie» en amont. Entre 2007 et 2010, 7 exclusions ont ainsi été prononcées.

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