Education: Elèves genevois solidaires des gays
Actualisé

EducationElèves genevois solidaires des gays

Eveillés aux dangers de l'homophobie, des étudiants du bout du lac se mobilisent. Rien de tel n'existe dans le canton de Vaud.

par
Faïrouz Khaïry
Les cinq jeunes à l'origine du groupe du Collège Claparède.(Photo: fkh)

Les cinq jeunes à l'origine du groupe du Collège Claparède.(Photo: fkh)

«On veut essayer de changer les mentalités et casser les préjugés. L'idée est de faire de l'école une zone sûre pour tous et que chacun puisse s'y sentir en sécurité.» Giulio, 19 ans, est en 4e année au Collège de Saussure, à Genève. Il a créé l'automne dernier le groupe «Tollé», fort de 40 membres, qui œuvre au sein de l'école secondaire pour promouvoir la diversité sexuelle et combattre les préjugés. Une idée qui a fait tache d'huile, puisque des étudiants de nombreux autres établissements se sont directement inspirés de cette démarche.

L'impulsion a été donnée en octobre 2011 par une circulaire du chef du Département de l'instruction publique (DIP). En collaboration avec le Canton de Vaud, Charles Beer invitait les établissements scolaires à prendre des initiatives pour faire reculer ce fléau. «Les manifestations de l'homophobie à l'école sont multiples et les conséquences dramatiques; on sait en effet que les tentatives de suicide et le taux de dépression sont plus élevés chez ces jeunes que dans la population générale du même âge», avertissait le conseiller d'Etat genevois dans son message.

Si l'appel a été clairement entendu par les adolescents genevois, il n'a pas été suivi par les élèves vaudois. «Il n'y a pas eu d'actions de ce type. Il y a eu des expositions, mais aucun groupe d'étudiants ne s'est créé pour évoquer cette question. C'est difficile d'expliquer pourquoi», déplore Florent Jouinot, de l'association VoGay.

Dialogai mécontent

«Les déclarations de bonnes intentions, c’est bien, mais il faudrait que le Département alloue plus de moyens pour que l’on mène à bien ces actions», fulmine Michael Hausermann, responsable des projets homophobie au sein de l’association Dialogai. Un constat qu’admettent les autorités. «A moyen terme, on pourrait instaurer un contrat de prestations entre l’Etat et les personnes qui viennent aider les élèves», indique Franceline Dupenloup, chargée des questions d’homophobie au DIP.

Ton opinion