Genève: Elèves privés de bonbons et magasin en faillite
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GenèveElèves privés de bonbons et magasin en faillite

Une école a proscrit les sucreries aux bambins. Cette directive aurait causé la perte d'un commerce voisin.

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Marine Guillain/adu
Le local est désormais vide. L'affichette des commerçants a disparu et du papier cache les vitres.

Le local est désormais vide. L'affichette des commerçants a disparu et du papier cache les vitres.

«Ce n'est pas si facile de vendre du rêve. Et lorsque le rêve est interdit, que faire?» Les gérants du magasin de bonbons Happy World au Grand-Sacconnex (GE) ont placardé une affiche sur la porte du local, fermé depuis la semaine passée. Ils expliquent avoir fait faillite à cause des écoles primaires situées à quelques dizaines de mètres de là, qui ont envoyé une lettre aux parents d'élèves pour interdire les sucreries. «Nous pensons qu'il s'agit d'une décision un peu extrême et incohérente», indique l'affichette.

«Les enseignants ont constaté une recrudescence des bonbons à l'automne 2014, depuis l'ouverture d'un magasin près de l'établissement Tour/Pommier», indique le Département de l'instruction publique. La clinique dentaire de l'école a aussi noté une hausse des caries. Le conseil d'établissement a donc envoyé la lettre, fin novembre. Arguments: les chewing-gums et autres sucettes sont mauvais pour la santé, créent des disputes, incitent au racket et sont achetés à l'insu des parents.

Un raisonnement que les gérants de Happy World jugent infondé: un brossage des dents régulier empêche les caries. Un iPod provoque davantage de conflits qu'une friandise. Enfin, «quel parent ne se doute pas que son enfant achète des bonbons quand il lui donne des sous?» dit l'affiche. La devanture du local est désormais couverte de papier. Une onglerie devrait ouvrir à la place.

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