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CryothérapieEliminer les douleurs en 3 minutes à -110 degrés

De plus en plus de gens entrent en maillot de bain dans des cabines à -110 degrés espérant se sentir mieux après.

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Une femme s'apprête à entrer dans une cabine à -110 degrés.

Une femme s'apprête à entrer dans une cabine à -110 degrés.

AFP/Georges Gobet
Les cabines de «cryothérapie corps entier» attirent de plus en plus de gens qui espèrent se sentir mieux à la sortie.

Les cabines de «cryothérapie corps entier» attirent de plus en plus de gens qui espèrent se sentir mieux à la sortie.

AFP/Georges Gobet
Après 15 secondes dans un sas à -50 degrés, on pénètre dans la cabine à -110, surveillé derrière une vitre par l'opératrice.

Après 15 secondes dans un sas à -50 degrés, on pénètre dans la cabine à -110, surveillé derrière une vitre par l'opératrice.

AFP/Georges Gobet

Dehors, c'est peut-être encore l'été, mais dedans, le thermomètre plonge à 110 degrés en dessous de zéro. C'est pourtant dans cette cabine de «cryothérapie corps entier» que de plus en plus de gens s'aventurent en maillot de bain, espérant faire cesser des douleurs... ou simplement se sentir mieux après.

C'est à Rennes (ouest de la France), au centre Kemijoki de «cryothérapie et bien-être par le froid», que l'AFP a testé la cabine à -110 degrés. La séance dure en principe entre deux et trois minutes.

«Vous n'allez pas congeler, pas tomber dans les pommes», tente de rassurer Haidar Dittoo, ostéopathe attaché au centre, expliquant que l'air «extrêmement sec» pulsé dans la cabine évite les brûlures par le gel.

Molécules anti-inflammatoires

Le principe: agir sur la douleur par un contact bref mais intense avec le froid. «Le cerveau reçoit l'information selon laquelle le corps est en danger et se met à secréter des molécules anti-inflammatoires», explique Valérie Georges, qui a ouvert le centre Kemijoki à la fin de l'an dernier.

Il faut donc, explique-t-elle, exposer directement le corps à l'air froid. Après un bref examen médical, on entre dans la cabine en maillot de bain, avec une paire de chaussures en plastique pour éviter de rester collé au sol, des gants, un bandeau sur les oreilles et un masque de chirurgien sur le nez.

Après 15 secondes dans un sas à «seulement» -50 degrés, on pénètre seul dans la cabine à -110, surveillé derrière une vitre par l'opératrice qui diffuse la musique de votre choix et égrène le passage des secondes.

Au bout d'une minute pendant laquelle on ébauche quelques pas de danse comme pour tromper le froid, les muscles commencent à ressentir une curieuse impression. «Une minute 45. On continue ?» demande l'opératrice. La réponse est non. L'expérience n'aura duré que deux minutes.

«Il faut s'habituer»

A la sortie, on prend la température extérieure au niveau de la jambe: 12 degrés, contre 32 avant d'entrer. Le corps vire au rouge, mais la sensation de froid intense disparaît presque instantanément.

«Il faut s'habituer», observe Valérie Georges. «Le stress disparaît en général à la troisième séance. A la dixième, ils sont accros», dit-elle de ses clients, à qui chaque séance est facturée aux alentours de 30 euros.

Selon elle, la cryothérapie corps entier est indiquée pour le traitement des douleurs ou de certaines maladies, comme la sclérose en plaques. Mais cette pratique n'est pas reconnue par le corps médical et encore moins remboursée par la Sécurité sociale, même si des malades affirment que le traitement est efficace.

Effet immédiat

Ahmed Debabeche, gérant d'un centre de loisirs, a commencé le traitement fin février alors qu'il souffrait d'une sciatique. «Au départ, j'y suis allé avec appréhension. Je me disais: -110, c'est quoi cette histoire?» raconte cet homme de 43 ans.

Après seulement cinq séances, il assure que sa sciatique a entièrement disparu. «L'effet a été immédiat, rapporte-t-il. Je revis.»

La France compte désormais une demi-douzaine de centres de cryothérapie corps entier, dont un est ouvert depuis plusieurs années à Paris à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep) dans le but d'aider les athlètes de haut niveau à se remettre de blessures.

Se mettre en danger et survivre

Certains athlètes se sentent bien avec cette cryothérapie corps entier, «mais dans la littérature scientifique, on n'a pas d'effets prouvés pour l'instant en dehors de la perception d'une meilleure récupération», commente le Pr Jean-François Toussaint, directeur de l'Institut de recherche médicale et d'épidémiologie du sport (Irmes), rattaché à l'Insep.

Il y a selon lui un «effet de mode» autour de cette pratique et un effet subjectif qui amène les sportifs à penser qu'ils récupèrent plus vite après l'effort. «L'esprit humain adore l'idée de se mettre en danger et de se dire: «J'ai survécu», analyse-t-il.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé souligne qu'elle «surveille» cette technique nouvelle. «Il y a quand même un risque du fait du froid extrême, mais on n'a pas connaissance d'incidents», relève-t-on à l'ANSM.

(afp)

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