Succession Burkhalter: Elisabeth Kopp va-t-elle faire son retour politique?
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Succession BurkhalterElisabeth Kopp va-t-elle faire son retour politique?

L'ex-conseillère fédérale, en froid depuis 28 ans avec le PLR, se réconcilie avec son parti et sera peut-être présente au congrès qui choisira le successeur à Didier Burkhalter.

par
Christine Talos
Elisabeth Kopp, ici en 2010.

Elisabeth Kopp, ici en 2010.

Keystone

Sous la pression des médias et des partis politiques, Elisabeth Kopp, première femme élue au Conseil fédéral en 1984, annonce sa démission le 12 décembre 1988 et quitte le pouvoir un mois plus tard, suite à un appel téléphonique malvenu à son mari. Depuis, la Zurichoise avait choisi la discrétion et n'avait plus jamais participé à une assemblée du PLR suisse, à une excursion ou à une réunion de son parti. Mais cela pourrait changer, selon l'Aargauer Zeitung.

En effet, le PLR va se réunir le 2 septembre à Neuchâtel. Au menu: le choix du ou des candidats à la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral. Et à cette occasion, tous les anciens conseillers fédéraux du parti sont invités. En particulier Elisabeth Kopp. «Elle est toujours la bienvenue. Si elle le souhaite, nous sommes prêts à aller la chercher», affirme la présidente du parti Petra Gössi.

«Elisabeth Kopp doit être à nouveau complètement intégrée au sein du PLR», renchérit la sénatrice saint-galloise Karin Keller-Sutter, pressentie elle à la future succession de Johann Schneider-Ammann. «Elle a été traitée bien trop durement en 1988», estime-t-elle.

Porte ouverte

Quant à la principale intéressée, elle laisse la porte ouverte sur sa présence au congrès PLR. Dans une interview donnée au journal, elle indique: «Si je suis ce jour-là de retour de vacances, je prendrai part à cet événement». Pour rappel, Elisabeth Kopp avait brièvement quitté le PLR en raison de «l'amateurisme» de celui-ci. Elle recevait en effet ses bordereaux pour payer ses cotisations mais n'était jamais invitée aux manifestations du groupe, explique-t-elle. Aujourd'hui, elle se dit toutefois «réconciliée» et est à nouveau membre du parti.

La Zurichoise, âgée de bientôt 80 ans, s'exprime également sur le plan politique. Après avoir confié qu'elle avait été «consternée» d'apprendre la démission de Didier Burkhalter dont elle approuvait la politique extérieure, l'ancienne conseillère fédérale plaide elle aussi pour un successeur en provenance du Tessin. «C'est une saine tradition que les différentes régions du pays soient représentées au Conseil fédéral», estime-t-elle. Elle aimerait donc bien un Tessinois à Berne, ou «mieux encore une Tessinoise».

Quant au fait que les Romands risquent de grincer des dents de devoir abandonner un siège francophone au Conseil fédéral, elle rétorque: «la diversité de la Suisse, en particulier au niveau des langues, est l'une de ses particularités les plus impressionnantes. Nous devons donc prendre soin de nos minorités. »

Elisabeth Kopp évoque aussi la question de la représentation féminine parmi les Sept Sages. Et elle estime qu'il faut y envisager rapidement une femme PLR, même si elle refuse de s'exprimer sur la succession de Johann Schneider-Ammann. «Le PDC et le PS ont chacun une représentante et l'UDC attend que Magdalena Martullo-Blocher soit prête. Seul le PLR n'a pas de candidate. Ce n'est pas bon pour le parti.»

L'affaire Kopp résumée

En automne 1988, au cours d'un appel téléphonique depuis son département, Elisabeth Kopp incite son mari Hans Kopp à se retirer du conseil d'administration d'une firme soupçonnée de blanchiment. L'affaire révélée, elle est accusée d'avoir trahi le secret de fonction.

Le scandale politique qui en découle mit fin à sa carrière au Conseil fédéral. Le 12 décembre 1988, pressée de toutes parts, elle annonce sa démission.

En novembre 1989, une commission d'enquête parlementaire considère que sa démission était une mesure inévitable. Mais en 1990, le Tribunal fédéral libère la Zurichoise de l'accusation de violation du secret de fonction.

Elisabeth Kopp évite ensuite pendant longtemps les apparitions. Elle travaille tout d'abord comme spécialiste de l'Europe dans l'étude d'avocat de son mari. Ces dernières années, le public a pu la lire ou l'entendre comme experte sur certains thèmes politiques.

L'affaire Kopp a inspiré plusieurs livres et films, essentiellement en Suisse alémanique.

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