Jubilé de diamant: Elizabeth II achève les festivités
Actualisé

Jubilé de diamantElizabeth II achève les festivités

Les célébrations organisées en l'honneur des soixante ans de règne de la reine d'Angleterre se terminent mardi en Grande-Bretagne, en l'absence du Prince Philip, hospitalisé.

Les célébrations des 60 ans de règne d'Elizabeth II prennent fin ce mardi en Grande-Bretagne. Après quatre jours de festivités éclatantes, le jubilé de diamant s'est toutefois achevé sur une note plus solennelle et sans l'époux de la souveraine, hospitalisé en raison d'une infection urinaire.

A son arrivée pour une messe d'action de grâce à la cathédrale Saint-Paul, la reine a été accueillie dans la matinée sous les hourras d'une foule compacte. La veille au soir, Elizabeth II a également été longuement ovationnée lors de la finale d'un concert pop d'anthologie, au pied du palais de Buckingham.

«God Save the Queen, God Save the Queen!». La clameur montait à l'arrivée de la reine à la cathédrale Saint-Paul, dans une foule galvanisée par la vue de la souveraine, mais attristée par l'absence du prince Philip. A l'instar de Pamela Stretton, une retraitée de 67 ans, beaucoup se sont levés à l'aube pour apercevoir la souveraine «en chair et en os».

«C'est une si bonne ambassadrice pour le Royaume-Uni», s'est-elle notamment extasiée, regrettant en revanche l'absence du prince. «Il est amusant, il met de la joie là où il passe», ont également renchéri deux retraités de Manchester.

«C'est triste qu'il ne soit pas là un jour pareil, il a toujours été à ses côtés», a également déploré Judith Chen, une maquilleuse de 45 ans, arborant un grand noeud aux couleurs de l'Union Jack dans ses cheveux.

Un siège vide

Des représentants de la famille royale, des corps constitués, des diplomates et les premiers ministres présents ou passés, occupaient également les travées. L'un d'entre eux, le conservateur John Major, a récemment écrit: «Quand les gens évoquent 'la reine', où que ce soit dans le monde, c'est à 'notre reine' qu'ils font généralement référence».

Exceptionnellement, le siège au côté de la souveraine, qui est aussi cheffe de l'église anglicane, n'était pas occupé par le duc d'Edimbourg, lorsque l'archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, a loué «les 60 ans de bons et loyaux services de sa Majesté, extrêmement astreignants, mais profondément joyeux».

Les trouble-fêtes étaient peu nombreux. Ainsi, une dizaine de républicains arboraient des pancartes proclamant «la République maintenant», mais leur slogan s'est rapidement noyé dans les sonneries de trompettes et dans la clameur des «longue vie à la reine».

A l'issue de la cérémonie, Elizabeth II a gagné dans une Bentley blindée, de couleur bordeaux, Westminster Hall, la grande salle d'apparat moyenâgeuse au coeur du palais du Parlement, pour un banquet en présence de 700 convives.

La reine au balcon

La reine a ensuite parcouru sous les vivats les artères londoniennes dans un des deux carrosses préparés pour l'occasion: un ouvert et un fermé, pour tenir compte des aléas de la météo.

Le prince Charles, héritier du trône, et son épouse Camilla ont été désignés par le protocole pour l'accompagner en l'absence de Philip, jusqu'au palais de Buckingham. En passant devant la statue de Victoria, seule monarque à ce jour à avoir passé plus de temps qu'Elizabeth (63 ans) sur le trône.

La reine a finalement salué depuis le balcon de Buckingham les dizaines de milliers de personnes agglutinées sous une pluie fine, avant la diffusion d'un message préenregistré à l'intention de ses sujets et des 2 milliards d'habitants du Commonwealth de 54 nations qu'elle préside.

La souveraine est apparue, avec un timide sourire, au balcon décoré de lourds drapés rouge et or aux côtés de cinq membres de la famille royale, dont son fils, le prince Charles, et ses petit-fils William et Harry.

«The show must go on»

«The show must go on», titraient mardi plusieurs journaux en référence à l'absence de Philip, mais aussi au concert donné lundi soir en présence des plus grandes stars de la scène britannique et mondiale, dont Paul McCartney et Elton John, anoblis par la reine.

Se démarquant de l'euphorie ambiante, le quotidien «Financial Times» a cependant prédit des lendemains qui déchantent: «Avec les jeux Olympiques, le jubilé de diamant a offert au pays des réjouissances estivales douchées par la pluie, mais la véritable douche hivernale est à venir, avec le retour aux réalités économiques». (ats)

Ton opinion