Actualisé 29.02.2012 à 13:54

Zurich

«Elle a eu du sexe et moi pas de café»

Une prostituée a comparu devant la Cour pour avoir harcelé un banquier et l'avoir forcé à faire l'amour.

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spi

L'histoire ressemble étrangement au scénario du film «Liaison fatale», avec Michael Douglas et Glenn Close. En 2008, un homme marié, cadre dans une grande banque de la place zurichoise, répond à une petite annonce rose. Il se lance dans une relation avec une prostituée. Mais, très vite, pris de remords, il met un terme à la liaison.

Mal lui en prend. La professionnelle, qui souffre de problèmes psychiatriques, ne supporte pas la rupture. Elle commence alors à le harceler. Pendant plus de deux ans, elle l'inonde de SMS et d'e-mails pour le convaincre d'avoir de nouvelles relations sexuelles avec elle. Elle le menace de tout révéler à sa femme et à ses collègues s'il ne s'exécute pas.

Enfermé et «violé»

Mardi, devant le Tribunal de district de Zurich, le banquier a raconté comment cette femme de 39 ans l'a, à deux reprises, «forcé à avoir des relations sexuelles», rapporte la «Neue Zürcher Zeitung». Cédant à la menace, il aurait accepté de se rendre chez elle pour discuter de la situation autour d'un café croissant. Selon les dires du plaignant, son ancienne amante l'aurait alors enfermé et contraint à faire l'amour. «Elle a eu du sexe et moi pas de café», a raconté le banquier.

Un jour, alors qu'elle l'avait enfermé chez elle et caché les clés, il aurait tenté de prendre la fuite par le balcon afin d'échapper à un rapport sexuel. «Je ne sais pas comment il est possible de forcer un homme de 1 mètre 90 à baisser son pantalon», a rétorqué l'accusée devant le tribunal. Face au juge, elle a soutenu que sa conduite était justifiée. Selon elle, il n'aurait pas dû rompre, et moins encore tromper sa «naïve femme».

La prostituée, d'origine bosniaque, était également accusée d'avoir floué les services sociaux en touchant une rente alors qu'elle gagnait de l'argent grâce au sexe tarifé. Elle devait en outre répondre de violence et menace envers des fonctionnaires. A la suite d'une audience, elle a en effet insulté deux policiers, crachant sur l'un deux et le frappant au visage.

Prison et thérapie

Le tribunal a condamné la prostituée à 24 mois d'emprisonnement pour toute une série d'infractions. L'accusation d'agression sexuelle n'a toutefois pas été retenue. Le juge a considéré que la pression psychologique exercée sur le banquier n'était pas assez forte pour qu'on puisse véritablement parler de contrainte sexuelle. La condamnée devra en outre suivre une thérapie.

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