Actualisé 22.01.2020 à 10:45

Saint-Gall

Elle a failli être bannie de Migros sur un malentendu

En voulant payer ses courses en deux fois, une étudiante a été faussement taxée de voleuse. Le géant orange a présenté ses excuses.

de
ehs/szu
Un quiproquo a failli coûter cher à une étudiante saint-galloise.

Un quiproquo a failli coûter cher à une étudiante saint-galloise.

Keystone/Gaetan Bally

Jenny* a eu chaud. Si elle ne s'était pas défendue, la Saint-Galloise aurait passé la prochaine décennie sans pouvoir fouler le sol d'un magasin Migros.

L'histoire a eu lieu vendredi dans un supermarché du géant orange. Comme à l'accoutumée, l'étudiante de 23 ans était chargée de faire les courses pour ses colocataires, en plus des siennes. En voulant payer les marchandises séparément, Jenny a d'abord réglé ses propres achats, précédemment scannés à la main au fur et à mesure, à la borne prévue à cet effet.

Pour se faciliter la tâche, elle a préféré s'acquitter du reste des articles à la caisse automatique.

Choisie au hasard lors d'un contrôle entre les deux opérations, Jenny a expliqué la situation à un employé, qui la soupçonnait de vouloir voler les produits non scannés.

Clamant sa bonne foi, la jeune femme n'a pas eu gain de cause dans le bureau du responsable de la succursale, qui lui a infligé une amende de 200 francs. En plus, elle a écopé d'une interdiction de magasins de dix ans, valable à l'échelle nationale.

«J'ai été faussement accusée de voleuse»

Mais pourquoi une peine aussi lourde? Selon le directeur du supermarché, Jenny avait déjà attiré l'attention du personnel dans une autre Migros, en décembre. Les données de la carte Cumulus de la jeune femme et les images d'une caméra de surveillance appuyaient ses soupçons: elle n'avait alors payé qu'une partie des articles.

Devant cette accusation, la jeune femme a expliqué qu'elle avait justement procédé de la même manière, à savoir un paiement en deux fois. «La séquence vidéo n'a apparemment pas été visionnée dans son intégralité, s'est-elle défendue. J'ai donc été faussement accusée de vol.»

Heureusement, le malentendu a finalement été levé. Lundi, Migros a présenté ses excuses à sa cliente par la voix de son porte-parole, Andreas Bühler: «Un enchaînement de circonstances malheureuses a conduit à un faux soupçon.» Jenny est rassurée: elle pourra continuer à faire sa petite épicerie en toute tranquillité.

*Prénom d'emprunt

Obligation d'avertir le client en cas de vol

«Dès qu'un détaillant sait avec certitude qu'un vol a eu lieu, il doit prendre des mesures», expliquait récemment Sara Stadler, de la Fondation pour la protection des consommateurs (SKS), à propos d'une ado pincée au bout de 22 délits commis dans la même filiale du géant orange. Dans le cas de Jenny, Migros a attendu plusieurs semaines avant de lui dire qu'elle avait déjà été fichée pour vol. Une faute, selon Hugo Wyler, porte-parole du Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence. Celui-ci estime que les images de vidéosurveillance ne devraient pas être gardées si longtemps et que la dénonciation devrait se faire dans un délai bien plus court, soit environ 24 heures.

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!