Directrice de crèche accusée: Elle aurait maltraité 70 enfants
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Directrice de crèche accuséeElle aurait maltraité 70 enfants

L'ex-directrice d'une crèche de Lugano comparaît depuis lundi devant le tribunal correctionnel de la ville pour violence sur des enfants.

L'ex-directrice est notamment accusée d'avoir fait subir des douches froides aux enfants fiévreux.

L'ex-directrice est notamment accusée d'avoir fait subir des douches froides aux enfants fiévreux.

Cette sexagénaire est accusée d'avoir maltraité et frappé 71 enfants âgés de quelques mois à cinq ans. Elle plaide non coupable.

Le visage souriant et tranquille, les cheveux poivre et sel, la prévenue ressemble à une gentille grand-maman. Elle a réfuté lundi toutes les accusations qu'elle qualifie d'»infâmantes» et «dépourvues de tout fondement.» En détention préventive du 5 avril au 24 juin 2005, l'inculpée est actuellement en liberté provisoire.

Cette Tessinoise divorcée et mère de famille aura 65 ans en juin. Après une formation commerciale, elle s'est reconvertie dans la puériculture et aurait commis une impressionante série de délits.

L'acte d'accusation a été rédigé en décembre 2008 par l'ex-procureur Luca Maghetti qui a entretemps quitté la magistrature. La femme doit répondre notamment de violation répétée du devoir d'assistance, de coups, de contrainte, d'injures et d'abus.

Coups et douches froides

Les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu de 1999 au 5 avril 2005, jour de son arrestation. Dans sa crèche ouverte en 1996, l'inculpée aurait régulièrement frappé les bambins: fessées, gifles, secousses. Elle les aurait forcés à manger des aliments nauséabonds, voire avariés.

La directrice les aurait terrorisés psychologiquement. A en croire l'accusation, la prévenue isolait les enfants qui ne voulaient pas dormir, les laissant pleurer jusqu'à ce qu'ils perdent conscience. Elle aurait aussi attaché les plus récalcitrants dans leurs lits et soumis à des douches froides ceux qui avaient de la fièvre.

Bambin hospitalisé

Un cas particulier a été relevé dans l'acte d'accusation repris par la procureure Clarissa Toricelli. Celui d'un bébé âgé de onze mois en mai 2004 et qui avait dû être hospitalisé après s'être évanoui.

L'enfant souffrait d'arythmie cardiaque qui lui provoquait des vomissements. Le 14 mai, après avoir été forcé à manger, le bambin avait perdu connaissance. Il avait été transporté à l'hôpital de Lugano puis à l'hôpital de l'enfance à Zurich où il était resté une dizaine de jours.

Nourriture avariée

Toujours selon l'accusation, les mauvais traitements pourraient remonter à plus de six ans à cause du silence des enfants. Les parents -dont plusieurs assistent au procès- n'auraient pas non plus interprété à temps certains signes révélateurs. La présence de nourriture avariée, découverte dans un frigo, a été confimée par le Laboratoire cantonal d'hygiène.

Présidé par le juge Marco Villa, le procès doit durer toute la semaine. Quelques cas sont prescrits depuis les faits présumés mais 43 familles se sont cependant constituées partie civile.

(ats)

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