Canton de Zurich: Elle conteste une prune salée pour avoir nourri le chat d’une autre

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Canton de ZurichElle conteste une prune salée pour avoir nourri le chat d’une autre

Une femme est jugée en appel pour avoir donné à manger et hébergé chez elle un animal qui ne lui appartenait pas.

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mie/ofu
L’animal a été replacé, pour son bien-être, affirme son ancienne propriétaire (image d’illustration).

L’animal a été replacé, pour son bien-être, affirme son ancienne propriétaire (image d’illustration).

Reuters

Un geste qui pourrait paraître banal pourrait avoir des répercussions non négligeables pour une Zurichoise. Cette habitante d’Eglisau est accusée d’avoir laissé entrer chez elle le chat tigré d’une voisine, à plusieurs reprises et pendant près de cinq mois. Elle l’aurait nourri, contre la volonté de la propriétaire. «En agissant de la sorte, elle enfermait littéralement le chat, car celui-ci ne pouvait sortir que si l’accusée lui ouvrait la porte», peut-on lire, entre autres, dans l’ordonnance pénale. Elle aurait ainsi voulu établir une relation avec le chat afin de se l’approprier.

Raison pour laquelle l’Alémanique a été condamnée via ordonnance pénale pour appropriation illégitime à une amende de 700 francs. S’y ajoutent des frais de procédure d’un montant de 550 francs. L’accusée a fait opposition, raison pour laquelle elle comparaîtra mercredi devant le Tribunal de district de Bülach.

«Les affaires judiciaires sont rares»

Selon l’ancienne propriétaire de Mici, le chat a entre-temps été replacé. «Le refuge d’où j’avais récupéré Mici en 2017 l’a placée dans un nouvel environnement après les incidents, pour des raisons de bien-être animal.» Cette dernière dit se sentir incroyablement triste que Mici ne soit plus avec elle.  Aujourd’hui encore, elle ne comprend pas les motivations de la voisine.

Selon Sibel Konyo, juriste spécialisée dans le droit de la protection des animaux, il est assez commun que des voisins nourrissent les chats des autres. «Mais les affaires judiciaires sont plutôt rares», précise-t-elle. En principe, il n’est pas interdit de nourrir les animaux, mais le fait de nourrir systématiquement les chats d’autrui peut constituer une atteinte au droit de propriété du propriétaire de l’animal. «Si quelqu’un a clairement pour objectif d’éloigner un chat de son propriétaire, il est possible d’intenter une action en justice», poursuit l’experte.

Un précédent à Saint-Gall

Cette affaire ressemble beaucoup à celle d’une retraitée saint-galloise, d’abord condamnée via ordonnance pénale pour avoir nourri le chat d’une voisine puis acquittée en appel en février dernier. «Tout ce qui est interdit n’est pas forcément punissable», avait alors argumenté le juge. Et d’ajouter: «On ne peut pas lui reprocher d’avoir voulu s’approprier le chat.» Il lui avait finalement conseillé: «À l’avenir, vérifiez que les chats ont une puce et prenez de la distance.»

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