Genève: Elle croyait hériter de son mari abattu
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GenèveElle croyait hériter de son mari abattu

Carole* a fait tuer son conjoint par peur, dit-elle. Une écoute bouscule le procès du meurtre de Cointrin.

par
Jérôme Faas

«Il a toujours dit que son entreprise était à lui, que la moitié était à moi!» Cet échange avec une employée de la société de Pierre S., son mari qu'elle a fait tuer pour 50'000 fr., Carole* le tient en février 2009, trois mois après le décès. Elle s'y emporte en apprenant que ce sont les parents du défunt qui possèdent, en fait, l'affaire. Sa diffusion au tribunal criminel bouleverse une audition, où, jusque là, l'accusée avance la peur comme seul mobile de son acte.

Harcèlement téléphonique, surveillance, menaces de mort. Carole égrène les éléments qui auraient nourri sa terreur. Elle affirme avoir dit à Pierre S. qu'elle souhaitait stopper la relation. Assure que sans les menaces, il serait toujours en vie.

Aucune menace écrite

Mais il y a un hic, souligne le procureur, Anne-Laure Huber. Les seules traces tangibles de cette relation chaotique sont des SMS. Aucun ne recèle de menaces. Certains révèlent même des mots d'amour. «Tout ce qui est important, les menaces, votre volonté de rompre, ont eu lieu par téléphone ou en face-à-face.» N'en reste que la parole de l'accusée.

Le mari avait demandé le divorce

Anne-Laure Huber insiste. «Que saviez-vous des sociétés de Pierre S.?» Carole affirme savoir, à l'époque, «qu'il agissait comme si c'était à lui». L'enregistrement est diffusé. Maintient-t-elle ses dires? «Non, je me suis entendue.» Carole a menti. «Pour moi, Pierre S. était bien le propriétaire», admet-elle. Fin octobre, le défunt lui avait envoyé une convention de divorce à l'amiable.

*Prénom d'emprunt

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