Actualisé 15.03.2009 à 23:01

Neuchâtel«Elle démissionne, mais je maintiens mes plaintes»

Un nouvel esclandre dans une boîte de nuit signe l'arrêt de mort politique de Valérie Garbani. Un des gérants de la disco témoigne.

de
Nando Luginbuhl

«Négro, sers-moi un verre.» Samedi vers 3 h du matin, Valérie Garbani dérape. L'élue insulte aussi le disc-jockey. Elle n'aime pas ses choix musicaux. De rage, elle brise le plexiglas qui sépare le DJ du public. L'un des gérants du club, Benoît Raemy, appelle la police. Trois agents arrivent. Ils interviennent à l'intérieur, car Valérie Garbani refuse «de suivre les agents de sécurité», selon Benoît Raemy. Une fois dehors, elle crie: «J'ai rien fait, j'ai rien fait.» En se débattant, l'élue gifle un agent. Les policiers la plaquent à terre, la menottent et l'emmènent au poste. Une heure plus tard, elle est relâchée.

Valérie Garbani revient à la disco pour récupérer des affaires. Elle menace de mort le personnel de sécurité. «Elle était bourrée, explique Benoît Raemy. Elle a insulté la sécurité, car elle ne voulait pas acheter une carte de membre pour entrer. Elle leur a dit que dans deux mois ils n'auraient plus de boulot et qu'elle ferait fermer l'établissement.» Valérie Garbani en a le pouvoir: elle dirige l'Urbanisme à la Ville.

Insultes, propos racistes, abus de pouvoir, dégradations de matériel, menaces de mort: les gérants de la discothèque déposent cinq plaintes à l'encontre de la conseillère communale. «Et ce n'est pas parce qu'elle démissionne qu'on va les retirer», explique Benoît Raemy.

Valérie Garbani a été condamné l'an dernier pour insultes et menaces contre deux agents de police. Plusieurs écarts de conduite avaient été rendus publics après des fuites dont s'est rendu coupable un policier.

«Je veux retourner à l’anonymat»

Valérie Garbani a annoncé dimanche vers 18h, via un communiqué, sa démission pour le 30 septembre: «Je quitte mes fonctions, car jai décidé de préserver ma famille et mes amis, le Parti socialiste, mes collègues du Conseil communal, mes collaboratrices et collaborateurs. Je ne souhaite pas entrer en dépression. Il m’apparaît que seul un terme à mon activité politique et un retour à l’anonymat me permettront de retrouver celle que j’étais il y a plus d’une année.»

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