France - Elle écope de 12 ans de prison pour avoir assassiné son mari
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FranceElle écope de 12 ans de prison pour avoir assassiné son mari

Une Française se disant victime de violences conjugales répétées a été condamnée, samedi à Nîmes, pour avoir étranglé son époux avec la complicité de leurs deux fils.

Une femme de 49 ans a été condamnée, samedi par la Cour d’assises du Gard, à Nîmes, à 12 ans de prison pour l’assassinat de son mari qu’elle disait violent.

Une femme de 49 ans a été condamnée, samedi par la Cour d’assises du Gard, à Nîmes, à 12 ans de prison pour l’assassinat de son mari qu’elle disait violent.

Photo d’illustration/AFP

Poursuivie pour l’assassinat de son mari, qui lui aurait fait subir des violences répétées, une Française de 49 ans a été condamnée à 12 ans de prison ferme samedi par la Cour d’assises du Gard, à Nîmes (sud de la France). Ses deux fils, qui étaient aussi poursuivis, ont été acquittés.

Loin de la théorie de l’avocat général, Damien Kincher, selon qui ce crime avait été «prémédité par les trois et réalisé par les trois», les jurés nîmois n’ont pas retenu la préméditation à l’encontre de l’épouse, Catarina C. De même, ils l’ont donc crue quand celle-ci a affirmé mercredi, à la barre, avoir agi sans l’aide de ses deux fils, Mickaël, 30 ans et Jordan, 24 ans.

Cherchant à dédouaner ses fils, poursuivis eux aussi pour cet assassinat, Catarina C., qui a connu son compagnon à l’âge de 14 ans, avait décrit une vie de violences conjugales, affirmant avoir étranglé seule la victime, dans leur villa de Milhaud (Gard), en 2015. Ses deux fils étaient seulement intervenus pour transporter et brûler le corps, avait-elle insisté.

«Pas un père modèle»

Dans son réquisitoire, l’avocat général avait requis 14 ans de prison contre l’épouse de la victime et sept ans contre chacun de ses deux fils, qui encouraient tous la perpétuité: Badre Fakir «n’était pas un mari, un père modèle, mais rien ne justifiait la mort qu’il a eue dans ces conditions», avait-il affirmé, en évoquant «une détestation commune et des actes préparatoires», comme l’essence utilisée pour brûler le corps et le Serflex pour entraver la victime.

Dans son réquisitoire, Damien Kincher n’avait pas mentionné les violences présumées dont ce père de famille aurait été l’auteur.

Le 1er septembre 2015, un garde forestier avait découvert le cadavre d’un homme partiellement carbonisé, sous un pont ferroviaire sur les hauteurs de Nîmes, dans un endroit isolé. C’est une des sœurs de Badre Fakir, 44 ans, originaire du quartier populaire de Pissevin à Nîmes, qui allait signaler sa disparition le lendemain.

Les enquêteurs avaient rapidement abandonné la piste du trafic de stupéfiants pour se pencher sur le contexte familial.

«C’était lui ou moi»

«Badre pouvait être gentil, tout nous donner par moments… et être l’opposé. Il avait deux visages», avait affirmé Catarina C., mercredi. «Moi, je n’étais pas une femme battue tous les jours. C’est quand il disait que j’avais fauté, lorsqu’il était en colère qu’il cognait. Je n’ai jamais porté plainte, j’avais peur de lui. Il me disait qu’il me tuerait», avait-elle assuré, en décrivant des actes d’une violence extrême, et notamment des coups au visage et au ventre quand elle était enceinte.

«Je l’aimais», mais «ce soir-là c’était lui ou moi, je n’avais pas le choix», avait ajouté cette mère de quatre enfants. Badre Fakir, qui menait une double vie, avec une maîtresse, n’était certes «pas un ange», mais «dans cette histoire, c’est la victime», avaient rappelé ses trois sœurs.

À l’ouverture du procès, mardi, l’enquêteur de personnalité avait décrit la victime comme «un homme violent, qui n’hésitait pas à extorquer et à se battre, le caïd de la cité», mais qui pourtant «se pliait en quatre pour sa famille».

(AFP)

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