France: Elle écope de 20 ans de taule pour avoir tué son bébé
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FranceElle écope de 20 ans de taule pour avoir tué son bébé

Une femme de 32 ans a été condamnée jeudi à vingt ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Loire pour avoir tué d'une douzaine de coups de couteau son fils de six mois, le 14 février 2012.

Le Palais de justice de Saint-Etienne où a été jugée Aline M.

Le Palais de justice de Saint-Etienne où a été jugée Aline M.

Aline M. n'a pas réagi à l'énoncé du verdict, conforme aux réquisitions et assorti d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans, avec obligation de soin, sous peine de cinq ans d'emprisonnement supplémentaire.

«J'estime que sa place serait plutôt dans un établissement psychiatrique», a commenté son avocate, Me Solange Viallard-Valézy, qui avait plaidé l'irresponsabilité pénale en raison de la «psychose blanche» évoquée par un expert. L'avocate a brossé de sa cliente le portrait d'une femme «victime de ses obsessions, alimentaires par exemple», mais qui concernent aussi «sa jalousie maladive et la peur de perdre son enfant», dans un contexte de séparation difficile avec le père du petit Amelio.

«Elle a toujours été dévouée pour son fils aîné, lourdement handicapé, et elle n'a jamais été une mère maltraitante envers Amelio avant le 14 février 2012», lorsqu'elle a «basculé dans l'horreur», a poursuivi Me Viallard-Valézy. L'un des experts avait parlé d'une «personnalité de type psychotique, schizoïde», mais n'avait pas estimé que son état mental la privait de tout discernement au moment des faits. L'autre experte penchait dans le même sens.

Etat psychique «lunatique»

«Vous déclarerez a minima qu'il y a altération du discernement, vous lui trouverez les plus larges circonstances atténuantes», a supplié Me Viallard-Valézy. Impossible de savoir si les jurés l'ont suivie, «l'altération» du discernement ne faisant pas l'objet d'une délibération spécifique. Par ailleurs, la peine doit «tenir compte» de cette circonstance mais ne s'en trouve pas mécaniquement réduite.

«D'Aline M., je savais que je n'aurais pas de réponse. Elle a fait ça pour m'atteindre et elle a choisi le 14 février pour que je souffre à chaque Saint-Valentin», a commenté le père du bébé, Sébastien C., seule partie civile. L'accusée, prostrée pendant l'essentiel de l'audience, regard absent, a seulement déclaré avant les délibérations: «Depuis que je suis en prison, ça fait un an et demi que je suis à côté d'une nurserie, il n'est rien arrivé, ni par rapport aux autres détenues.»

Son état psychique «lunatique», qui inquiétait ses proches depuis très longtemps, s'était dégradé après la séparation d'avec Sébastien C., qu'elle accusait de violences et d'infidélité à son égard. Le jour du drame, où elle était sortie couverte de sang prévenir un voisin, les pompiers l'ont trouvée «très froide», affairée à préparer ses valises pendant qu'ils s'efforçaient de réanimer le nourrisson. (afp)

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