France: Elle écope de 5 ans pour avoir maltraité son ex
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FranceElle écope de 5 ans pour avoir maltraité son ex

La justice a reconnu coupable de violences conjugales une femme de 45 ans, vendredi.

Maxime G. a été victime de la violence de son ex-compagne.

Maxime G. a été victime de la violence de son ex-compagne.

AFP

Elle l'avait battu, humilié: la cour d'appel de Paris a condamné vendredi Zakia M., 45 ans, à cinq ans de prison, dont deux ferme, pour avoir exercé des violences durant 15 mois sur son ex-compagnon Maxime G. Ce procès exceptionnel a mis en lumière la question encore taboue des violences conjugales subies par des hommes qui le plus souvent ont trop de honte pour porter plainte.

Les associations françaises de lutte contre les violences conjugales comptabilisent quelque 7000 plaintes d'hommes battus chaque année mais seulement 2% de ces faits son dénoncés aux services de police. On estime également qu'un homme meurt tous les treize jours sous les coups de sa compagne. Et par comparaison, qu'une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon.

«Je m'attendais à beaucoup plus»

Les trois ans de prison avec sursis de Zakia M. sont assortis d'une mise à l'épreuve comprenant l'obligation d'une activité professionnelle, d'un suivi médical et de rembourser des dommages à la victime.

«Je m'attendais à beaucoup plus, même si on s'approche d'une sanction un peu plus juste», a réagi Maxime G., «soulagé que cette affaire soit enfin terminée. Pour moi, une nouvelle vie commence».

Première instance

En première instance, le tribunal avait condamnée Zakia M. en mai 2015 a trois ans de prison dont 18 mois ferme et plus de 200'000 euros d'indemnisation. Le parquet qui avait requis cinq ans ferme, soit le maximum encouru, avait fait appel. Dans ses réquisitions, le procureur avait assimilé les actes reprochés à la prévenue à «des tortures qui auraient pu la conduire devant la cour d'assises».

A l'audience de la cour d'appel, l'avocate générale a de nouveau réclamé cinq ans, mais en suggérant qu'une partie, non quantifiée, soit assortie d'un sursis.

«Ce dossier est «une arithmétique de l'horreur», avait résumé la magistrate en rappelant le long calvaire de violence subies par la victime, humiliée, battue, torturée. Elle avait également retenu le vol de documents d'identité, l'escroquerie et la menace. Mais la représentante du ministère public avait reconnu une évolution dans le comportement de Zakia M. qui, depuis les faits, a entrepris une thérapie, ne s'est plus montrée violente.

«Je m'excuse de l'avoir fait souffrir. Je n'ai pas été humaine avec lui. A l'époque, j'étais un déchet, bestiale, car je prenais un mélange de médicaments, d'alcool et de cannabis. Aujourd'hui, je suis lucide, je réalise ce que j'ai fait», a déclaré à la barre Zakia M.

«Escalade incontrôlable»

Interrogé par la cour sur le processus qui l'a conduit à rester au côté de son bourreau alors qu'il aurait pu s'enfuir, Maxime G., 39 ans, a décrit une «escalade incontrôlable» avec «la séduction comme arme, la soustraction de pièces d'identité et la violence psychologique pour contrôler, l'exploitation des documents pour escroquer et le début des violences physiques, la réduction en esclavage et les tortures. La cinquième étape, c'était la mort et j'en ai été très proche».

C'est le frère de Zakia M. qui finira par donner l'alerte, craignant que Maxime G. ne finisse «dans une petite boîte». Maxime G. avait rencontré Zakia M. en 2007 sur internet et avait emménagé sept mois plus tard avec elle. Mais la romance a vite tourné au cauchemar.

Un «esclave domestique»

Licencié de son travail, il devient une sorte d'«esclave domestique», obligé à dormir sur le sol dans l'entrée, sans accès à la salle de bain. Il est dépouillé de ses économies et menacé d'être dénoncé comme pédophile s'il se rebelle.

Les sévices qu'il subit, coups de poings, de manche à balai, de tabouret et brûlures, lui vaudront deux hospitalisations avec huit phalanges cassées, une reconstruction du nez et d'une oreille et 100 jours d'incapacité totale de travail (ITT). (nxp/afp)

(NewsXpress)

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