Perreux (NE): «Elle est victime d'un lynchage médiatique»
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Perreux (NE)«Elle est victime d'un lynchage médiatique»

Mari de la directrice du centre de requérants, D. R. a souhaité répondre aux accusations dont son épouse est la cible.

par
Frédéric Nejad Toulami

Pourquoi prenez-vous publiquement la défense de votre femme?

D.R.: Mon épouse a 59 ans et je partage son quotidien depuis 37 ans. Nous avons élevé ensemble six enfants, aujourd'hui tous adultes. Et je peux vous assurer qu'elle n'est pas la mante religieuse ni le tyran domestique décrits dans les médias. Tout cela est délirant.

Elle aurait tissé une relation très proche avec un requérant camerounais, que certains désignent comme son amant…

Je crois savoir qu'il s'était interposé en sa faveur, dans un autre centre, alors qu'elle était violemment agressée par une requérante. Depuis lors, on dit qu'elle l'appellerait son «garde du corps». Je fais totalement confiance à mon épouse. Ces rumeurs de relations sexuelles sont scandaleuses.

Pourquoi est-elle intervenue personnellement pour tenter de le faire engager dans la société de sécurité NSA, qui surveillait le centre, alors qu'il n'avait pas le droit de travailler en Suisse?

Je suppose qu'il avait le droit de travailler. C'est l'enquête administrative qui établira tout cela.

Si votre femme n'a commis aucune erreur, comment expliquez-vous ces dénonciations et l'enquête qui la vise?

Parmi les accusateurs, les seuls pouvant paraître crédibles à première vue sont Denise Graf, d'Amnesty International, et Thierry Clément, du Syndicat des services publics. Or ils ne l'ont jamais rencontrée. Si vous ajoutez à cela que le directeur adjoint de la société NSA n'est autre qu'Yvan Perrin, candidat à l'élection au Conseil d'Etat neuchâtelois, vous comprenez pourquoi cette affaire a pris une tournure éminemment politique. De plus, le conseiller juridique et formateur des agents de sécurité de NSA n'est autre que l'ex-conseiller d'Etat Frédéric Hainard, contraint de démissionner après les magouilles qui ont défrayé la chronique.

S'agit-il d'un complot?

Yvan Perrin rêve de dégommer le conseiller d'Etat Thierry Grosjean aux prochaines élections. Et la dénonciatrice est une ex-flic engagée en 2012 et avec qui ça s'est très mal passé. Cette personne a alors juré de se venger de ma femme, qui était sa directrice. Actuellement, elle travaille pour la société d'Yvan Perrin.

Existe-t-il un lien d'amitié entre votre épouse et Thierry Grosjean?

Non. Je ne le connais pas, et elle ne le fréquente pas en dehors du cadre professionnel.

Sur la sellette

La responsable du centre fait partie des huit personnes inculpées, depuis la fin février, pour abus de faiblesse. Une enquête administrative la vise aussi, ¬ainsi que deux fonctionnaires du Service cantonal des migrations qui, eux, ont été suspendus. La directrice est soupçonnée d’avoir favorisé certains requérants. Amnesty International pense qu’elle a contribué à l’escalade de la violence.

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