Lausanne: Elle était complice à son insu d'escrocs africains

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LausanneElle était complice à son insu d'escrocs africains

Une jeune femme pensait travailler pour une ONG du Bénin. Des fonds d'arnaques sur le Net ont transité par elle.

par
Christian Humbert
Image d'illustration

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AFP/Stefan Heunis

Moins naïves qu'avant, les victimes potentielles d'escrocs africains rechignent à effectuer un virement hors Europe pour payer un objet vendu par petite annonce. Du coup, les arnaqueurs passent par des complices en Suisse, plus ou moins consentants. L'argent, versé par les clients sur un compte helvétique, est ensuite transféré en Afrique, moyennant une commission. Cette activité relève du blanchiment d'argent.

C'est justement dans ce rôle d'intermédiaire que s'est retrouvée Sonia*. Soucieuse d'aider financièrement sa mère, la jeune femme de 20 ans avait cru avoir trouvé un job auprès d'une ONG basée au Bénin. L'offre avait paru sur un site de petites annonces. Elle avait été en contact avec un certain Jan Doci, qu'elle n'avait jamais vu et à qui elle n'avait jamais parlé: tout s'était fait par écrit, sur internet. Doci lui avait proposé de servir de relais pour des fonds destinés à cette prétendue ONG. Sonia a donc fourni ses coordonnées bancaires et une copie de sa pièce d'identité. Ces informations ont fini par être transmises aux clients arnaqués, qui se sont retournés contre la jeune femme.

Si les plaintes contre le vendeur, hors de portée de la justice suisse, ont peu de chances d'aboutir, Sonia, elle, vient d'écoper de 20 jours-amende avec sursis et de 2756 fr. de frais. «J'ai eu des doutes. Les agissements de Doci étaient bizarres», a-t-elle reconnu devant la justice.

* Prénom d'emprunt

Un «job» de deux mois

Soupçonnant que quelque chose n'allait pas, Sonia n'a pas gardé longtemps son «emploi». C'est donc sur une très courte période, entre février et mars 2017, qu'elle a réceptionné sur son compte cinq ou six versements. Elle a encaissé au total un peu moins de 2000 fr., mais n'a pas effectué immédiatement un transfert de banque à banque. La jeune femme a prélevé 200fr. pour elle, puis a envoyé le solde au Bénin, par le biais d'un organisme financier.

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