Berne – Elle fait don de ses bottes puis les retrouve en vente sur Ricardo.ch

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BerneElle fait don de ses bottes puis les retrouve en vente sur Ricardo.ch

Une Bernoise a déposé cet été une paire de chaussures dans le container d’une association de seconde main. Elle s’est récemment rendu compte qu’elles étaient revendues sur Ricardo à un prix très élevé. Elle est scandalisée.

par
Céline Meisel/ofu
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Ricardo
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Une lectrice pensait bien faire en faisant don de ses bottes Prada. Elle les a déposées en juin dans un container Humana, une entreprise qui se charge de récupérer des vêtements puis de les revendre en seconde main dans divers pays du monde. «J’offre régulièrement des habits à Humana. Quand je constate que je possède des vêtements que je ne mets plus, je les donne. J’aime bien quand les choses circulent», explique la Bernoise.

Or une récente découverte a terni son enthousiasme. L’Alémanique a découvert un peu par hasard que ses bottes, achetées à l’époque à 70 francs, sont actuellement vendues sur le site de ventes aux enchères Ricardo.ch. Et ce à 260 francs. «Je suis certaine qu’il s’agit de mes chaussures. J’avais fait mettre des semelles en caoutchouc parce qu’elles étaient très glissantes. Ce sont exactement les mêmes!»

«C’est un scandale!»

L’utilisatrice qui vend les bottes sur le Net affirme la même chose. Dans l’annonce, elle écrit: «Les bottes ont une semelle en caoutchouc pour qu’elles glissent moins et aussi pour les protéger.» La lectrice bernoise est en colère: «C’est un scandale! J’ai cru que mes chaussures allaient profiter à quelqu’un. Et pas qu’elles allaient être revendues sur le Net à un tel prix.»

Contactée, la société Ricardo affirme qu’il n’est éthiquement pas correct de revendre un article ayant fait l’objet d’un don si les donneurs ont été trompés. Or selon l’entreprise, la situation est quelque peu différente ici: sur son site, Humana communiquerait de manière claire et transparente sur la manière dont sont récupérés et revendus les vêtements offerts (lire encadré). «Il est tout à fait possible qu’une personne ait acheté ces bottes légalement dans un magasin Humana avant de les revendre sur Ricardo. Cette personne n’aurait alors rien fait de mal», explique la porte-parole de Ricardo, Mojca Fuks.

Humana injoignable

Mojca Fuks précise qu’il est, de manière générale, difficile de connaître l’origine d’un article proposé sur le site de ventes aux enchères. Lorsqu’il s’agit d’un article volé, Ricardo efface l’annonce si les soupçons se confirment. Or cela n’est pas le cas pour les habits ayant fait l’objet d’un don.

Toutes les tentatives pour joindre la société Humana sont restées vaines.

Quelques informations sur Humana

Selon ses propres informations, Humana récupère les habits déposés dans ses containers. Dans un premier temps, ces vêtements sont triés, puis ils sont revendus comme articles de seconde main en Europe, en Asie et en Afrique. Les pièces ne pouvant plus être portées sont recyclées. Les bénéfices réalisés par la vente d’habits sont reversés à des projets humanitaires dans les milieux de la formation, de la santé, du développement et de la protection de l’environnement.

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