Actualisé 04.05.2020 à 18:21

Zurich

Elle fait recours puis ne se présente pas à l’audience

Une jeune femme condamnée l’an dernier pour avoir rejoint le groupe EI en 2014 devait comparaître devant la justice zurichoise ce lundi pour faire recours contre son jugement. Mais elle ne s’est pas présentée.

de
Stefan Hohler/ofu
Thomas Mathis

Elle n’avait que 15 ans lorsqu’elle a rejoint les rangs de l’EI, en décembre 2014. Elle et son frère, âgé de 16 ans à l’époque, étaient restés un an en Syrie avant de revenir en Suisse. Les deux avaient été interpellés fin 2015 juste après avoir atterri à Kloten (ZH). L’adolescente, désormais devenue une jeune femme, a été condamnée en février 2019 à 10 mois de prison avec sursis ainsi qu’à une thérapie consistant à rencontrer régulièrement pendant un an des spécialistes en prévention de la violence de la police zurichoise. Lors de son procès, elle n’avait cessé d’affirmer qu’elle n’avait jamais soutenu l’EI et qu’elle s’était rendue en Syrie pour faire de l’humanitaire.

La jeune femme devait une nouvelle fois comparaître devant la justice ce lundi parce qu’elle a fait recours contre la thérapie ordonnée. Or, elle ne s’est pas présentée, et ce, sans s’être excusée au préalable. Les raisons de son absence ne sont donc pas connues. Le procureur des mineurs en charge de l’affaire a demandé au Tribunal cantonal de ne pas poursuivre le procès. L’avocat de la jeune femme aurait déposé le recours alors que sa cliente s’y opposait. «Je ne veux pas continuer la procédure», aurait-elle écrit dans un mail adressé à son avocat. Ce n’est qu’une fois le délai de recours échu qu’elle aurait finalement accepté le recours. Voilà pourquoi le procureur a demandé aux juges de ne pas entrer en matière et de renoncer au procès.

Verdict rendu par écrit

L’avocat de la jeune femme, lui, a rejeté la demande du procureur des mineurs. «Ma cliente était au courant de la manière de procéder.» Selon lui, il était nécessaire de déposer le recours contre son gré puisqu’elle n’a cessé de changer d’avis sur la question en raison de la détresse psychique élevée dans laquelle elle se trouve.

Après s’être rapidement concerté, le tribunal a décidé de rejeter la demande du procureur des mineurs. Si les juges ont admis que la femme n’a cessé de tenir des propos contradictoires, ils ont néanmoins souligné que rien n’indiquait clairement son refus de vouloir poursuivre le procès. Or, comme elle ne s’est pas présentée et qu’elle ne peut pas être interrogée, l’audience sera continuée par écrit. Le verdict sera rendu ultérieurement, lui aussi par écrit.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!