Iran: Elle gagnait sa vie en divorçant

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IranElle gagnait sa vie en divorçant

Une Iranienne est poursuivie pour escroquerie après s'être mariée puis avoir divorcé dix fois en moins de deux ans, en touchant à chaque fois une compensation financière prévue par la loi

La jeune fille, âgée de 20 ans et dont l'identité n'a pas été révélée, rencontrait des fils de bonnes familles dans des soirées, et exigeait le mariage après quelques rencontres. Mais, au soir de la noce, elle refusait de s'installer chez son époux, exigeant de toucher une part du douaire («mehrieh» en persan), une somme traditionnellement payée par le futur mari en pièces d'or, a rapporté dimanche le quotidien «Iran».

Selon la loi islamique en vigueur depuis la Révolution de 1979, s'il n'y a pas de consommation du mariage, la femme peut réclamer la moitié de la somme prévue dans le contrat de mariage signé entre les deux époux. La pratique du douaire est très courante en Iran et la famille de la mariée réclame souvent de fortes sommes d'argent, en pièce d'or ou en argent liquide. La mariée peut réclamer le douaire à n'importe quel moment.

«Je n'ai rien fait d'illégal»

Selon le journal, la jeune Iranienne obtenait à chaque divorce entre 100 et 110 pièces d'or, soit environ 30'000 dollars. Et conformément à la loi, dans la mesure où le mariage n'était pas officiellement consommé, elle obtenait de la justice le droit d'effacer le nom de son ex-mari de son livret personnel d'Etat civil. Etonnés de ses nombreuses visites, les services de l'Etat civil ont finalement alerté le parquet de Téhéran.

«Je n'ai rien fait d'illégal. Je ne sais pas pourquoi je dois répondre», a-t-elle déclaré au juge d'instruction qui a engagé des poursuites pour escroquerie et mariages frauduleux. Les dix époux, convoqués comme témoins, «ont tous raconté le même scénario», selon le quotidien.

Le divorce est en pleine expansion en Iran, avec un taux record de 22% pour les neuf premiers mois de l'année iranienne, ayant débuté le 20 mars 2014. Le phénomène est encore plus important dans les grandes villes, comme à Téhéran, où près d'un couple sur trois se sépare. Le pays fait aussi face à une grave crise économique à cause des sanctions internationales décrétées en raison de son programme nucléaire controversé. (afp)

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