Procès à Nyon (VD): Elle l'éconduit, il la harcèle et la poignarde
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Procès à Nyon (VD)Elle l'éconduit, il la harcèle et la poignarde

Mardi, la justice vaudoise devait juger un jeune homme qui s'en était pris à une femme qui ne voulait pas de lui.

C'est devant le Tribunal de la Côte que l'accusé comparaissait mardi.

C'est devant le Tribunal de la Côte que l'accusé comparaissait mardi.

Keystone/Photo d'illustration

Un mécanicien de 26 ans fait face à ses juges pour tentative de meurtre mardi à Nyon (VD). Il avait longuement harcelé une femme qui l'éconduisait. Il l'a finalement agressée à coups de couteau une nuit de mars 2018 à Vers en France voisine. Ce Jurassien bernois d'origine sera fixé sur son sort jeudi.

Le Tribunal criminel d'arrondissement de la Côte s'est penché mardi sur ce cas effarant de «stalking» qui avait dégénéré puis débouché sur une tentative de meurtre ultra-violente en à peine cinq mois. L'accusé, un homme de 26 ans originaire du Jura bernois, reconnaît les faits même s'il ne semble pas pleinement en mesurer la gravité.

Schizophrénie hébéphrénique

Ce mécanicien de formation s'exprime d'une voix douce et peu assurée. Sa victime est une palefrenière de douze ans son aînée avec qui il avait lié amitié en novembre 2017. Elle n'assiste pas au procès. Les principaux chefs d'accusation sont: tentative de meurtre, lésions corporelles graves, injure, contrainte, menace, dénonciation calomnieuse et atteinte intentionnelle à l'état de sécurité d'un véhicule.

Sans antécédent psychiatrique connu, l'accusé souffre pourtant d'une «schizophrénie hébéphrénique», d'après l'expert qui l'a examiné dans le cadre de cette affaire. «Il s'agit d'une forme de la maladie très difficile à traiter qui s'installe insidieusement et se caractérise notamment par la difficulté à percevoir les conséquences de son comportement à long terme et aussi à nourrir de l'empathie pour les autres», a expliqué le spécialiste.

«Petit, il avait un retard du langage. L'école a été difficile pour lui. A 14 ans, il disait déjà ne pas se souvenir de son enfance, laquelle a été difficile notamment de la part de son papa qu'il craignait et qui le punissait régulièrement de manière disproportionnée», a fait savoir de son côté la tante de l'accusé.

Insistant, agressif et menaçant

Amoureux de sa victime, le mécanicien de formation n'avait pas avalé qu'elle l'éconduise ni qu'elle ait un petit ami. «Je suis devenu insistant, agressif et menaçant», admet l'accusé quand le tribunal le met face à ses agissements.

D'après l'acte d'accusation, il l'avait donc tour à tour harcelé par SMS, s'était présenté sur son lieu de travail, avait saboté les pneus puis les freins de sa voiture, avait déposé une fausse plainte pour vol contre elle, avait piraté son téléphone pour la géolocaliser... Liste malheureusement non exhaustive.

Vol de photos érotiques

Ce Jurassien bernois d'origine, domicilié à l'époque des faits à Luins (VD), était allé jusqu'à voler deux photos érotiques de sa victime sur son smartphone à son insu. Ensuite, il avait tenté de lui faire croire que c'est son propre petit ami qui les avait postées sur un site de rencontre avec la légende «la belle salope qui peut combler vos soirées».

Finalement, le 31 mars 2018, le prévenu s'était rendu au domicile de sa victime à Vers en Haute-Savoie. Là, revêtu d'une combinaison de peinture et de gants, il s'était jeté sur elle dans le hall de son immeuble et lui avait asséné des coups de couteau au visage, à la gorge, aux mains et à la nuque jusqu'à ce qu'elle s'écroule. Il l'avait ensuite traîné dehors par les cheveux.

Verdict jeudi

Là, un tiers était intervenu provoquant la fuite de l'agresseur. «Sa maladie fait qu'il était conscient de ce qu'il vivait, mais sans avoir les capacités d'évaluer ce que son comportement impliquait pour lui et pour les autres», a encore relevé l'expert psychiatre.

Rien que pour cette tentative de meurtre, l'accusé encourt au moins cinq ans de prison. Le verdict sera rendu jeudi après-midi à Nyon. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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