Lausanne - Elle accuse de viol et agresse un réfugié innocent 
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LausanneElle accuse de viol et agresse un réfugié innocent 

Une assistante sociale cocaïnomane et son copain ont tabassé un réfugié arabe pris pour le dealer qui avait violé la femme. Mais l’homme agressé est un homo ayant des dysfonctionnements érectiles.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Traumatisé, le réfugié n’ose plus se rendre à la gare de Lausanne, lieu de son agression par un couple qui l’a accusé à tort d’être un dealer-violeur.

Traumatisé, le réfugié n’ose plus se rendre à la gare de Lausanne, lieu de son agression par un couple qui l’a accusé à tort d’être un dealer-violeur.

20min/Marvin Ancian

Les yeux exorbités et en colère, celui qui a appris le français en solo grâce à Google traduction répète inlassablement «déni de justice». En mai 2020, alors qu’il se trouvait à la gare de Lausanne, Hassan* a été attiré à un endroit isolé par Alice*. Là, le copain de la trentenaire l’a immobilisé. Le couple s’est mis à frapper le réfugié arabe. Une vingtaine de coups de poing et de genou au visage et au ventre. Alors qu’il tentait d’appeler les secours avec son téléphone, la femme s’est emparée de l’appareil et l’a écrasé avec ses pieds. Quand les deux agresseurs ont pris la fuite, Hassan a voulu les poursuivre. L’ami d’Alice a fait demi-tour, l’a saisi par le cou, l’a plaqué contre le mur, l’a envoyé au sol, s’est agenouillé sur lui et s’est mis à le taper encore. Le calvaire de la victime a pris fin grâce à l’intervention des passants, juste avant l’arrivée de la police. 

«J’ai revu sa gueule: c’est lui»

L’assistante sociale cocaïnomane et son copain indiquent aux policiers que l’homme à qui ils viennent de faire passer un sale quart d’heure est le dealer qui a violé Alice en décembre 2019, dans un parc à côté d’un hôtel lausannois alors qu’elle était fortement alcoolisée. «J’ai revu sa gueule et j’ai compris que c’était lui», assure la trentenaire. 

«Si vous trouvez de la coke…»

«Un matin, quatre policiers avec un chien ont débarqué dans la propriété de la famille qui me loge pour rechercher de la drogue. Dès leur entrée, je leur ai dit que s’ils trouvaient de la coke, c’est qu’ils étaient venus avec car moi je n’ai jamais touché ça», soutient Hassan. La police est repartie bredouille. Un prélèvement capillaire effectué sur le présumé dealer-violeur a révélé l’absence de contact avec des stupéfiants. «Ils ont saisi mon téléphone. Ils ont eu accès à des photos et vidéos privées. Je suis homosexuel, membre de Vogay et je n’arrive pas à avoir d’érection», affirme Hassan en exhibant des pages du dossier.

Fausse déclaration

Complètement blanchi des accusations de deal et de viol, Hassan s’est retourné contre son accusatrice pour dénonciation calomnieuse. Fin janvier, un «avis de prochaine clôture» dans lequel le procureur annonce son intention de classer l’instruction pénale lancée contre Alice, a fait sortir de ses gonds le plaignant atteint d’un trouble mental mais au discours cohérent. «C’est un déni de justice. Si je blesse sans raison un Suisse devant des témoins et à un endroit sous vidéosurveillance tout en l’accusant faussement, c’est la prison et l’expulsion de Suisse», soupire Hassan.

Contacté, le procureur qui instruit l’affaire n’a pas souhaité faire de commentaire.

*Prénoms d’emprunt

Couple d’agresseurs condamné

Homme traumatisé

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