Actualisé 02.06.2013 à 12:12

Violence domestique«Elle m'a battu, griffé et arraché les cheveux»

En 2012, une victime de violences domestiques sur quatre était un homme. Souvent, ceux-ci ne sont pas pris au sérieux par les autorités.

de
Olivia Fuchs
Les hommes battus ont souvent honte d'aller voir la police.

Les hommes battus ont souvent honte d'aller voir la police.

David*, un Argovien de 38 ans, a raconté au «SonntagsBlick» le calvaire que sa femme brésilienne lui a fait vivre entre 2008 et 2012. «Elle m'a griffé, arraché les cheveux et battu. Une fois, elle a même essayé de me blesser avec un couteau», se souvient le trentenaire. «Je ne pouvais pas me défendre parce qu'il s'agissait quand même de ma femme et de ma famille. Cette situation m'a brisé, mais je ne voulais pas m'avouer que j'étais une victime», explique-t-il.

David n'est pas un cas isolé. En 2012, 2248 plaintes déposées pour violences domestiques sur 8949 émanaient d'hommes. Selon des chiffres publiés récemment par l'Office fédéral de la statistique, près d'une victime sur quatre est un homme. «En réalité, ils sont bien plus que ça», regrette Oliver Hunziker de l'association des mères et des pères responsables (VEV).

Depuis près de quatre ans, cette organisation gère la seule maison pour hommes victimes de violences domestiques de Suisse. «La majorité des hommes n'osent pas porter plainte contre leurs femmes. Ils ont honte et ne sont pas pris au sérieux par la police et les autorités compétentes», déplore Oliver Hunziker.

David a fini par quitter sa femme en avril 2012. Pendant sept semaines, lui et sa fille de trois ans ont vécu dans la maison pour hommes du VEV. Il se bat actuellement pour la garde de sa petite.

*Prénom d'emprunt.

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