Actualisé 02.02.2015 à 15:45

Korean Airlines«Elle nous a traités comme des esclaves féodaux»

L'héritière de la compagnie Korean Airlines jugée pour avoir maltraité des membres d'équipage, a traité le personnel «comme des esclaves féodaux», selon le chef de cabine dont elle a demandé le débarquement.

Cet incident a fait scandale en Corée du Sud, où le comportement arrogant des plus riches est largement dénoncé. (photo: dr)

Cet incident a fait scandale en Corée du Sud, où le comportement arrogant des plus riches est largement dénoncé. (photo: dr)

Cho Hyun-Ah, 40 ans, est accusée d'avoir contrevenu aux règles de sécurité aérienne. L'affaire, qui a fait un tollé en Corée du Sud, remonte au 5 décembre: la fille du patron de la compagnie aérienne avait exigé le débarquement du chef de cabine d'un vol New York-Séoul, contraignant l'appareil à revenir à son point de stationnement afin qu'il puisse descendre.

Mme Cho, qui était alors vice-présidente de la compagnie, s'était offusquée de s'être vu servir des noix de macadamia qu'elle n'avait pas demandées, de surcroît présentées non dans un bol mais dans leur sachet.

«Elle a crié et est devenue violente»

Le procureur a demandé trois ans de prison pour Mme Cho, affirmant qu'elle n'avait pas montré «le moindre remords» et qu'elle avait essayé de faire porter la responsabilité de l'incident aux membres d'équipage.

«Je pense que Cho n'a pas fait preuve d'une once de conscience, en traitant des sans-grade comme moi comme des esclaves féodaux», a déclaré lundi à la barre le chef de bord Park Chang-Jin, des larmes dans la voix.

«Elle a crié et est devenue violente, sans jamais écouter ce que je disais», a-t-il ajouté, affirmant que Cho lui a demandé de s'agenouiller pour se faire pardonner.

En détention

Lundi, Cho s'est excusée pour son comportement «éruptif» tout en niant avoir fait preuve de violence envers Park, répétant que c'est le pilote qui avait décidé de débarquer le chef de bord. Son avocat affirme qu'il n'y a pas eu d'entorse aux règles de sécurité.

Cho se trouve en détention provisoire depuis le 30 décembre.

L'opinion publique a vu dans cette affaire le symbole de l'arrogance des fils et filles de puissants patrons de «chaebols», ces conglomérats qui dominent l'économie sud-coréenne.

La veille, son père Cho Yang-Ho, le président de la Korean Airlines, avait présenté ses excuses pendant le procès: «C'était sa faute car elle n'a pas réussi à maîtriser ses émotions», a-t-il dit. Son père a promis de réformer la culture d'entreprise au sein de KAL. (afp)

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