Actualisé 17.03.2016 à 13:57

Meurtre à ZurichElle prend 13 ans de prison sans preuves concrètes

Une quinquagénaire a écopé mercredi de 13 ans de prison pour avoir tué le père de son ex, en mars 2014. La justice s'est basée uniquement sur des indices pour rendre son verdict.

par
A. Szenogrady/ofu

Un retraité de 77 ans est décédé, en mars 2014 à Zurich-Altstetten, après avoir reçu 26 coups à la tête avec un objet non identifié. Sa fille avait retrouvé le corps sans vie dans l'appartement du septuagénaire. Comme aucun objet de valeur n'avait été subtilisé et que la porte d'entrée n'avait pas été cassée, les enquêteurs avaient conclu que l'auteur des faits ne pouvait être qu'une personne de l'entourage du défunt.

Malgré l'absence de preuves concrètes, telles que des traces ADN, la police s'était rapidement intéressée à la femme de ménage du retraité, âgée de 56 ans. La binationale helvético-thaïlandaise était en couple avec le fils de la victime. Mais les amoureux s'étaient séparés peu de temps avant le meurtre.

Tentative de suicide

Dès le début des investigations, la quinquagénaire a nié les faits. Elle n'a cessé de répéter aux enquêteurs qu'elle avait tenté de se suicider avec des médicaments le jour où le crime a été perpétré. Elle avait aussi précisé qu'elle avait perdu connaissance dans son appartement. En effet, la Suissesse avait été retrouvée chez elle le lendemain, inconsciente.

Interrogée mercredi par les juges du Tribunal de district de Zurich, elle a continué de clamer son innocence. Le Ministère public, lui, n'a rien voulu entendre. Il a requis une peine privative de liberté de 15 ans à l'encontre de l'accusée. Le procureur Matthias Stammbach a avoué qu'il ne disposait d'aucune preuve concrète, mais il a précisé que les indices suffisaient pour la faire condamner.

Lors de son interrogatoire, la femme avait ainsi nié avoir téléphoné à la victime et s'être rendue à Altstetten un jour avant les faits. Une évaluation des données GPS de son natel avait néanmoins permis de prouver que la prévenue mentait. Le procureur a par ailleurs rappelé que toutes les autres personnes - qui étaient considérées comme suspects potentiels au moment de l'enquête - avaient un alibi en béton.

L'arme du crime jamais retrouvée

Matthias Stammbach a aussi évoqué le passé violent de l'accusée. Deux fois divorcée, elle s'était montrée particulièrement tyrannique envers ses deux ex-maris au moment de la rupture. En 1998, elle avait tiré sur l'un d'entre eux, mais avait raté sa cible. Le Tribunal de district de Zurich l'avait alors condamnée à une peine de prison de 30 mois pour mise en danger de la vie d'autrui.

De son côté, l'avocat de la défense, Markus Götte, a demandé l'acquittement complet de sa cliente, rappelant que rien ne prouvait son implication et que l'arme du crime n'a jamais été retrouvée. Interrogé en début de semaine par «Blick», il avait par ailleurs souligné le fait que sa cliente n'avait pas de réel mobile à commettre ce crime. «Pourquoi aurait-elle été violente avec le père de son ex-petit ami?», s'était-il interrogé.

La Cour a finalement condamné la quinquagénaire à 13 ans de prison. La prévenue peut faire recours auprès du Tribunal cantonal.

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