Zurich: Elle refuse de louer à un mec, Airbnb la bloque
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ZurichElle refuse de louer à un mec, Airbnb la bloque

Une Zurichoise a été virée de la plateforme de location d'appartements, car elle n'a pas accepté un locataire masculin «parce qu'elle ne la sentait pas».

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dob/rmf
«Si Airbnb décide d'appliquer des règles strictes, il devrait donner aux utilisateurs l'occasion d'expliquer leurs problèmes», estime Martin Steiger, avocat spécialisé dans le numérique.

«Si Airbnb décide d'appliquer des règles strictes, il devrait donner aux utilisateurs l'occasion d'expliquer leurs problèmes», estime Martin Steiger, avocat spécialisé dans le numérique.

Keystone/Gaetan Bally

Julia* était membre d'Airbnb jusqu'à récemment. Il y a quelques jours, la jeune femme a refusé de louer son appartement à un hôte masculin, au motif qu'elle préférait des hôtes féminines. «Je n'ai tout simplement pas eu un bon feeling avec cet homme», raconte-t-elle à «20 Minuten». Peu de temps après, son compte sur la plateforme de location a été bloqué. L'entreprise lui a alors communiqué: «Malheureusement, nous ne pouvons pas réactiver votre compte d'utilisateur en raison de la violation de notre directive antidiscrimination.»

Tolérance zéro pour une «superhôte»

La Zurichoise dit ne plus rien y comprendre. Elle a tenté de s'expliquer auprès d'Airbnb, mais seul un courrier standard lui est revenu. «J'ai déjà souvent loué mon appartement à des hommes», se défend-elle. Pour la mise à disposition de son 2 pièces et demi, Julia a reçu les meilleures notes et était considérée comme «superhost», soit une hôte exemplaire.

Pour Airbnb, tout cela importe peu. La société de la Silicon Valley applique une tolérance zéro face aux cas de discrimination. Dans ses directives, elle déclare: «Lorsque vous refusez de louer votre habitation à un hôte, la raison suivante n'est pas admise: rejeter un hôte à cause de son sexe.»

Règles strictes antidiscrimination

Un porte-parole de l'entreprise, contacté par «20 Minuten», se borne à déclarer que «si Airbnb apprend qu'un utilisateur enfreint certains aspects de nos directives, nous prenons les mesures appropriées». Cela comprend une exclusion pure et simple de la plateforme. Ces règles ont été introduites en 2016.

Martin Steiger, avocat spécialisé dans le numérique, soutient ce règlement contre les discriminations. «La société est maintenant très consciente des implications de ce thème», estime-t-il. Les directives sont publiées ouvertement sur le site à destination de tous les utilisateurs.

Donner l'occasion de s'expliquer

Et si le refus de Julia n'était pas réellement discriminatoire? Sa décision doit alors être plus précisément motivée, affirme l'avocat. C'est de cette façon qu'il est possible pour un hôtel de refuser les enfants pour assurer le repos et le calme des autres résidents. La limite entre liberté de choix et discrimination est cependant souvent ténue, précise Martin Steiger: «Quelqu'un qui s'exprime maladroitement sera sous le feu des critiques alors que d'autres discriminations passeront inaperçues.»

Pour l'avocat, la décision de bannir Julia purement et simplement se révèle disproportionnée. En outre, la gestion des réclamations et la réponse sous forme de courriers standards sont insatisfaisantes. «Si Airbnb décide d'appliquer des règles strictes, il devrait donner aux utilisateurs l'occasion d'expliquer leurs problèmes», argue-t-il. Cependant, de nombreuses grandes plateformes économisent sur les charges de communication avec leurs clients. La seule solution reste alors souvent une procédure juridique.

*prénom d'emprunt

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