Actualisé 27.05.2009 à 14:11

Enfant noyé par sa mèreElle risque 15 ans de prison pour s'être «vengée du père»

Le procureur général du canton de Vaud a requis 15 ans de prison à l'encontre de la mère qui a noyé son fils de six ans dans une baignoire à Romanel-sur-Lausanne.

Il a retenu l'assassinat, estimant qu'elle avait tué l'enfant pour l'enlever à son père.

«Ce mobile odieux, la vengeance, justifie à lui seul la qualification d'assassinat», a expliqué mercredi Eric Cottier devant le Tribunal criminel de Lausanne. Le Ministère public ne croit pas que l'accusée avait projeté un suicide collectif avec son fils ce 14 novembre 2007, comme elle l'a soutenu à l'audience.

Par haine du mari

Le procureur juge «crédibles» les premières déclarations de la mère, après le drame. Elle avait alors expliqué qu'elle avait reporté sur son enfant la haine qu'elle éprouvait contre son mari. Et que depuis une semaine, elle pensait à supprimer son fils.

Pour le Parquet, l'accusée, qui est une «épouse détestable», est seule responsable du mal qu'elle a fait. «Il faut dire au père qu'il ne porte aucune responsabilité», a ajouté Eric Cottier. Les reproches pour tromperie, alcoolisme et violences sont sans fondement. «Des propos de pure vengeance, fondés sur la haine».

Troubles psychiques

Le Parquet suit les conclusions de l'expertise psychiatrique, qui conclut à une légère diminution de la responsabilité pénale. Cette mère filicide avait conscience de ce qu'elle faisait, au moment où elle a noyé son enfant. Seule sa volonté était légèrement atteinte, en raison de troubles de la personnalité de type borderline.

Pour l'expert toutefois, les deux mobiles successivement avancés par l'accusée - la vengeance puis le suicide à deux - ne s'excluent pas obligatoirement. Les deux peuvent avoir coexisté. La femme, âgée aujourd'hui de 38 ans, a un «fonctionnement égocentré» et se pose en victime: si tout ça est arrivé, c'est à cause du père.

Me Patrick Stoudmann, avocat du père, a rappelé que l'époux avait fait tout son possible pour sauver son couple. Et que malgré tous ses efforts, on l'avait privé de ce qu'il avait de plus cher, son fils unique. «Il est insupportable que la mère ait l'outrecuidance de lui faire porter la responsabilité morale de cet assassinat».

Femme désespérée

La défense a demandé à la Cour de tenir compte de la manière dont sa cliente appréhendait les faits. A l'époque, elle était désespérée. Elle voulait se suicider et a pensé emmener son enfant avec elle. Elle n'a pas agi par haine contre son mari. Le doute, sur le mobile, doit bénéficier à l'accusée, a rappelé Me Jean Lob.

L'avocat a réclamé une peine nettement inférieure à celle requise par le Parquet qu'il juge «d'une sévérité implacable». Il a plaidé pour diminution moyenne de la responsabilité pénale et a demandé au tribunal de retenir le meurtre passionnel, moins lourdement puni, plutôt que l'assassinat. Le verdict tombera le vendredi 5 juin. (ats)

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