Actualisé 11.04.2011 à 16:07

Elle s'enfuit après 8 ans d'enfermement

La police autrichienne a retrouvé hier une jeune femme kidnappée en 1998 alors qu'elle était encore enfant. Elle aurait échappé à son ravisseur après plus de huit ans de séquestration. L'homme s'est suicidé peu après.

L'Autriche, stupéfaite, a assisté au dénouement du kidnapping le plus célèbre de son histoire récente. La jeune Natascha Kampusch a réchappé vivante à huit ans de séquestration et son ravisseur s'est suicidé mercredi soir à Vienne.

Natascha a été identifiée avec quasi-certitude jeudi. La jeune femme a été retrouvée mercredi en début d'après-midi errant dans un jardin à Deutsch-Wagram, dans la grande banlieue est de Vienne.

Aujourd'hui âgée de 18 ans, elle avait été retenue à quelques kilomètres du domicile familial, dans un réduit fermé sous un garage d'un pavillon de banlieue de Strasshof.

Des sévices sexuels n'ont pas été immédiatement mentionnés, mais l'enquête devra le vérifier et expliquer les motifs du ravisseur, a déclaré un policier lors d'une conférence de presse. Compte tenu des circonstances, Natascha va bien et a bien dormi, a-t-il estimé. Selon des psychologues, elle risque fort de souffir pendant des années de traumatismes.

Sous un train

Le ravisseur présumé de la jeune fille, Wolfgang Priklopil, un technicien en télécommunications de 44 ans, est parti en voiture après la fuite de Natascha. Il s'est ensuite suicidé en se jetant sous un train, selon les enquêteurs.

La police a bloqué l'accès à la maison où a été détenue la fillette. Les voisins indiquent que le suspect évitait les contacts.

Selon la police, Priklopil était moins prudent qu'au début avec Natascha. Profitant de sa négligence, la jeune femme s'est enfuie «à un moment favorable».

Selon des rumeurs dans le voisinage, non confirmées par la police, Natascha, sans doute intimidée par son ravisseur, avait même été vue ces derniers mois en sa compagnie en train de faire des courses au village.

Syndrome de Stockholm

La jeune fille, qui a aussi été identifiée par ses parents, a la même cicatrice que la fillette de dix ans disparue depuis 1998, a indiqué la police judiciaire. Son passeport a été retrouvé au domicile du ravisseur.

Ses parents, désormais séparés, ont demandé aux journalistes de faire preuve de patience et de compréhension et «de ne pas importuner la famille par des demandes d'interviews dans les trois jours à venir».

La soeur aînée de Natascha a témoigné à la télévision ORF que sa mère n'avait jamais renoncé: «elle disait toujours qu'elle vivait, qu'elle reviendrait».

La police questionne la jeune fille avec ménagement sur sa captivité. D'après l'ORF, Natascha souffrirait du «syndrome de Stockholm», du nom d'une prise d'otages de 1973 après laquelle les victimes s'étaient identifiées de façon positive avec leurs ravisseurs.

Entre les mailles du filet

Pâle mais apparemment en bonne santé, la jeune femme a affirmé avoir pu écouter la radio et lire les journaux, mais sans toutefois pouvoir sortir du pavillon où elle était séquestré. D'un bon niveau d'élocution et de connaissances, elle aurait «suivi des cours prodigués par son ravisseur», selon une source policière.

Principale énigme policière de ces dernières années en Autriche, le cas de cette enfant de dix ans, disparue en mars 1998 alors qu'elle se rendait à pied à l'école, n'avait jamais été résolu malgré la mise en oeuvre de moyens sans précédent.

Wolfgang Priklopil était alors passé entre les mailles du filet. Il avait été interrogé tout comme un millier de propriétaires de fourgonnettes blanches, le véhicule qu'avait signalé une amie de Natascha lors de l'enlèvement.

Mais, il n'y avait pas assez d'éléments concrets contre lui pour lancer un mandat d'arrêt, a déclaré un enquêteur. Sa maison n'avait donc pas été examinée.

(ats)

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