Actualisé 06.06.2018 à 06:55

France«Elle se délecte les armes à la main»

Surnommée «Mamie djihad», une quinquagénaire risque dix ans de prison pour s'être rendue trois fois en Syrie.

L'accusée a encouragé son fils à se rendre en Syrie.

L'accusée a encouragé son fils à se rendre en Syrie.

AFP

Le parquet a requis mardi la peine maximale, dix ans de prison ferme, contre «Mamie djihad», la mère d'un djihadiste français devenu «émir» en Syrie, jugée en appel à Paris pour association de malfaiteurs à visée terroriste.

L'avocate générale a demandé la confirmation de la peine de première instance, 10 ans de prison assortis d'une période de sûreté des deux tiers, contre Christine R., 52 ans, surnommée «Mamie djihad».

Elle est la mère de Tyler Vilus, un combattant français aujourd'hui incarcéré en France, qui était rapidement monté en grade dans la hiérarchie djihadiste. Convertie par son fils, presque immédiatement radicalisée, elle avait été interpellée le 2 juillet 2014, au domicile de son aîné Leroy (30 ans) alors qu'elle s'apprêtait à repartir en Syrie après trois précédents voyages.

«Elle n'a jamais dissuadé son fils (Tyler Vilus, ndlr) mais au contraire l'a encouragé et félicité», a dit l'avocate générale. «Elle ne va pas en Syrie pour son fils, elle y va pour elle. (...) Elle se délecte les armes à la main», a-t-elle ajouté.

«Je suis utile en France»

«Je suis utile en France», disait-elle à Tyler Vilus en décembre 2013. «Le dossier démontre cette utilité», a déclaré l'avocate générale: «elle était utile pour recruter des candidates au djihad, utile pour marier son fils avec des vraies soeurs , utile pour fournir de la logistique à un certain nombre de djihadistes, utile pour collecter des fonds». Le ministère public souhaite d'ailleurs que soit ajouté le chef de «financement d'acte terroriste» aux poursuites.

En première instance, le tribunal avait condamné Christine Rivière à la peine maximale pour son «engagement sans faille» auprès des djihadistes. C'est elle qui a interjeté appel, jugeant la peine «trop élevée». Mais mardi, elle semblait excédée, répondant a minima aux questions de la cour. «Aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'elle a abandonné», a dit son avocat, Thomas Klotz, dans sa plaidoirie.

Pour lui, au coeur du dossier se trouve «une relation fusionnelle et nocive» entre une mère et son fils. «C'est un dossier avec une dimension psychiatrique et psychologique hors norme», a-t-il dit. Sa consoeur, Me Laure Heinich, a mis en avant «l'aveuglement» de cette mère. Tyler Vilus a été interpellé en Turquie et extradé vers la France en 2015. La cour rendra son arrêt le 3 juillet. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!