Actualisé 12.10.2014 à 21:20

SionElle téléphonait à la police plus de neuf fois par jour

Une femme vient d'être condamnée pour ses appels compulsifs aux policiers. Elle a dû suivre un traitement.

de
Christian Humbert

Pas moins de 2211 coups de fil à la centrale de la police valaisanne en huit mois: l'exploit émane d'une sexagénaire dont le comportement a débouché sur un traitement psychiatrique forcé. «Vingt-deux les flics», l'expression convient particulièrement dans le cas présent puisque le premier appel remonte au 1er janvier 2012 à... 22h22! Cela ne s'invente pas. Le dernier des 2211 appels a été enregistré le 29 août de la même année, à 0h21. Aux soins qui lui ont été imposés s'est ajoutée la note du procureur, Philippe Medico: cinq jours-amende avec sursis et une amende de 200fr. Elle était récidiviste, mais le magistrat a tenu compte de ses troubles.

De tels cas existent ailleurs. L'un est célèbre à la police de Genève: celui d'une quadragénaire qui a téléphoné, des années durant, d'abord à la centrale 117, où on répondait, puis on bouclait très vite dès qu'apparaissait son numéro, puis sur les lignes directes des policiers. Le porte-parole, Jean-Philippe Brandt, a ainsi été en contact avec cette personne. «Si, au départ, elle était aimable, son ton a changé au fil des mois. Elle est devenue plus agressive, comme plus personne ne lui répondait», note le policier. «Elle expliquait vouloir être fouillée ou qu'on lui passe les menottes, mais il ne s'agissait pas de propositions indécentes.» Face à de tels cas, la pratique vise le dialogue en espérant que les appels cessent. «Cela peut bloquer des lignes d'urgence prévues pour autre chose», conclut Jean-Philippe Brandt.

«La Main tendue»

Deux plaintes sont instruites dans le canton de Vaud pour de tels abus du téléphone. Ce sont une fois encore les polices communale et cantonale qui sont visées par des interlocuteurs pas toujours aimables. «Des gens donnent de fausses alertes, nous insultent, mais veulent aussi simplement parler. Nous sommes parfois la Main tendue. Cest par période», commente le porte-parole vaudois, Dominique Glur.

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