Actualisé 05.01.2017 à 15:12

Argovie

Elle touche aux traditions: passeport refusé

Pour la deuxième fois en deux ans, une Néerlandaise installée en Argovie a vu sa demande de naturalisation rejetée. Son combat pour la cause animale dérange.

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Pour certains, les cloches sont dangereuses pour la santé de vaches.

Pour certains, les cloches sont dangereuses pour la santé de vaches.

Keystone/Regina Kuehne

Les cloches sont-elles mauvaises pour la santé des vaches? La question remue le monde politico-agricole depuis quelques années. Une étude de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich l'avait laissé entendre, attisant le colère de certains parlementaires en 2014. L'an passé, des militants de la cause animale avaient même essayé de les faire interdire en Suisse orientale. Sans succès.

Mais le combat continue. Nancy Holten, 42 ans, est Néerlandaise. Installée en Argovie depuis ses huit ans, elle réclame haut et fort la fin de cette tradition multiséculaire, qui, elle en est sûr, «porte atteinte au bien-être des animaux», écrit «24 Heures». La quadragénaire, qui n'a pas la langue dans sa poche, s'est aussi attaquée à la chasse, aux courses de porcelets et même aux cloches des églises.

Naturalisation refusée

Surnommée «l'anti-cloches» dans son village, selon le quotidien vaudois, Nancy Holten essaie depuis deux ans de devenir Suissesse. En vain. Bien intégrée, la Néerlandaise parle le dialecte, subvient à ses besoins et à ceux de sa famille et n'a ni poursuite, ni casier judiciaire. Mais ses idées dérangent.

En novembre dernier, 200 des 260 membres de l'assemblée communale de Gipf-Oberfrick ont refusé sa naturalisation. Un «non» encore plus marqué qu'en 2015, quand elle avait été huée par l'assemblée. «Je sais que je m'attaque à des traditions qui, dans une commune rurale, sont très importantes. Mais je revendique ma liberté de penser différemment et de l'exprimer. Mes convictions n'ont rien à voir avec mon intégration. Mes actions énervent beaucoup de monde, mais je ne veux pas me taire, ce n'est pas dans ma personnalité», confie Nancy à «24 Heures».

Conseil d'Etat saisi

Ce deuxième refus va contre l'avis de l'Exécutif de la commune et du Conseil d'Etat argovien. Ce dernier avait été saisi d'un recours après la première décision négative et avait enjoint l'assemblée à revoter. Il estimait que rien ne s'opposait formellement à cette naturalisation. Le dossier retourne au gouvernement cantonal, qui pourrait décider par lui-même de donner le passeport rouge à croix blanche à Nancy. Cette dernière attend avec impatience sa décision.

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