21.10.2020 à 19:45

Elle troque sa chambre en colocation contre un voilier

L’Italienne Marta Magnano vit sur le «Churingas», un voilier de 10 mètres de long. «L’emplacement coûte moins cher que ma chambre en colocation», déclare l’étudiante en médecine.

von
Meret Steiger
21.10.2020

Il y a environ vingt mois, Marta Magnano, étudiante italienne en médecine , a décidé de vivre en mer. Auparavant, la trentenaire était en colocation avec d’autres étudiants à Cagliari, sa ville natale. «Je crois que beaucoup en rêvent, mais très peu ont effectivement le courage de renoncer au confort de la terre ferme», déclare-t-elle dans le quotidien italien Corriere Della Serra.

La jeune femme dit y avoir songé pendant des années, persuadée que «seuls les millionnaires pouvaient se payer un bateau». Ce n’est qu’en 2018, lorsqu’elle a été contrainte de quitter son appartement, qu’elle a commencé à consulter les annonces de bateaux d’occasion en ligne, «pour le plaisir».

Un emplacement moins cher qu’une chambre en colocation

C’est à ce moment-là que Marta est tombée sur le Churingas, un voilier ancré depuis une dizaine d’années. Il s’agissait d’une véritable aubaine, même si la trentenaire refuse de communiquer son prix exact. «Le bateau rentrait dans le budget d’un étudiant et son emplacement coûtait moins cher que de louer mon propre appartement», affirme-t-elle.

Mais Marta a dû faire beaucoup de travaux à bord. Quand l’étudiante a fait l’acquisition du Churingas, le bateau était dans un état lamentable. C’est avec beaucoup d’huile de coude et l’aide de ses amis que la jeune femme a rendu le voilier habitable. «Au début, ce n’était vraiment pas agréable. Mais j’y ai dormi tout de suite. Ce fut la plus belle nuit de ma vie», dit-elle.

Un niveau de voile reconnu

Marta a créé des comptes Facebook et Instagram pour elle et son bateau et a très vite récolté plus de 10’000 abonnés. Cette année, l’étudiante a même été invitée au Salone Nautico, l’exposition de bateaux à Gênes. «Déjà toute petite, j’étais fascinée par la mer et la navigation. Je suis montée à bord d’un voilier pour la première fois à l’âge de 11 ans. Deux ans plus tard, j’instruisais d’autres enfants sur le fonctionnement d’un Optimist (petit voilier)», raconte-t-elle.

Marta a également régulièrement pris part à des régates et a passé un permis qui lui permet de travailler en tant que monitrice de voile. En mer, elle apprécie le calme, surtout quand il s’agit d’étudier. «À chaque fois que je devais me concentrer et que je n’y arrivais pas, je sortais voir la mer. Le calme de la nature me rendait plus productive», dit-elle.

Une influenceuse avec un rêve

Le coronavirus a retardé la remise de diplôme de la trentenaire et a, par la même occasion, changé ses projets d’avenir. À l’origine, l’étudiante en médecine avait l’intention de se spécialiser en médecine du sport, mais elle a désormais pris un autre cap. Sur son bateau, elle aimerait proposer des séances de psychothérapie destinées à des enfants traumatisés. Et ça fonctionne! «J’ai déjà accueilli sept enfants et leurs mamans sur le bateau. Certains font désormais partie de mon équipage quand je participe à des régates», dit-elle.

À la question de savoir si ses amis lui manquent, la réponse est claire: «Non. J’ai toujours eu l’esprit marin et tous mes amis font également du bateau. Nous nous croisons dans les ports», dit-elle. Tout ce dont Marta a besoin pour vivre se trouve à bord de son bateau. Pour elle, le vrai bonheur est de se laisser porter par le vent.

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