Saint-Genis-Pouilly (Ain/F): Elle tue en France voisine puis brûle le corps en Italie
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Saint-Genis-Pouilly (Ain/F)Elle tue en France voisine puis brûle le corps en Italie

Une jeune femme, serveuse à Genève et vivant dans l'Ain, qui se prostituait, a été arrêtée pour avoir donné la mort durant un jeu sexuel.

par
Richard Schittly / jef
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La prévenue habitait le village de Flies, dans la commune de Saint-Genis-Pouilly (Ain), qui jouxte Genève.

La prévenue habitait le village de Flies, dans la commune de Saint-Genis-Pouilly (Ain), qui jouxte Genève.

20 minutes / jef
Elle résidait depuis août 2016 au premier étage de ce lotissement. Sa porte d'entrée se situe en haut des escaliers.

Elle résidait depuis août 2016 au premier étage de ce lotissement. Sa porte d'entrée se situe en haut des escaliers.

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Les scellés ont été posés sur la porte d'entrée de la prévenue, interpellée le 6 octobre.

Les scellés ont été posés sur la porte d'entrée de la prévenue, interpellée le 6 octobre.

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La police judiciaire de Lyon mène une enquête criminelle hors norme sur une jeune frontalière suspectée d'avoir tué un homme, lors d'une relation sexuelle, à son domicile de Saint-Genis-Pouilly, dans le pays de Gex (F). La prévenue, âgée de 22 ans, a exercé plusieurs emplois de serveuse et de vendeuse à Genève. Mais cette Française semblait aussi se prostituer. «Dans la région Rhône-Alpes, la zone frontalière est celle qui compte le plus de réseaux d'escort-girls, on cherche à savoir comment elle est entrée en contact avec la victime» précise un commissaire de la police judiciaire de Lyon.

Elle avoue et dit s'être défendue

Célibataire originaire de Lyon, la victime de 52 ans a subitement disparu le 16 août dernier. A partir de son dernier appel téléphonique, passé depuis Divonne-les-Bains (F), les enquêteurs ont remonté la piste de la jeune femme, qui avait ouvert une ligne sous un faux nom. Mise en examen et écrouée vendredi 6 octobre, elle a reconnu avoir tué l'informaticien lyonnais à coups de couteau. Selon sa version, elle se serait défendue durant un jeu sexuel qui aurait mal tourné.

Corps calciné

Elle a ensuite transporté le corps jusqu'en Italie en utilisant la voiture de la victime et en passant par le tunnel du Mont-Blanc. Un corps calciné a été retrouvé dans le Val d'Aoste, en Italie. Les enquêteurs sont persuadés qu'il s'agit bien de l'informaticien. Des analyses génétiques sont en cours pour le confirmer officiellement. Le véhicule du Lyonnais a été retrouvé à proximité d'Oyonnax, dans l'Ain, à 80 km de Genève.

Taches de sang dissimulées

En perquisitionnant le lotissement du pays de Gex, les policiers ont découvert des taches de sang, sous une récente couche de peinture. «Elle cherchait à effacer toutes les traces» estime un enquêteur, qui parle d'une personnalité «complexe», cloisonnant ses différentes activités.

«Séquestration suivie de mort, en bande organisée»

Six personnes de l'entourage de la jeune femme ont été interrogées par la police lors de son arrestation il y a quinze jours. Aucune n'est pour l'heure poursuivie. La prévenue a été mise en examen en France pour «séquestration suivie de mort, en bande organisée». Il semble que les enquêteurs se posent la même question que le voisin de la jeune femme: comment a-t-elle pu, seule, transporter le corps de la victime? En Italie, la suspecte est poursuivie pour dissimulation et destruction de cadavre, indique la presse transalpine.

Disputes et pompiers

La prévenue avait emménagé en août 2016 comme locataire dans un petit lotissement neuf construit dans le village de Flies, dans la commune de Saint-Genis-Pouilly. Jonathan, qui vivait dans l'appartement du dessous, la décrit comme une personne absolument normale. "Elle devait travailler dans la restauration: j'avais vu des tenues de serveuse dans sa voiture, et elle avait des horaires décalés." Elle avait un copain, et un autre homme passait parfois. "Ils s'engueulaient beaucoup avec son conjoint." Jessica, sa voisine d'à côté, a aussi noté ces disputes, mais aucun élément notable ne lui vient à l'esprit. Les deux voisins se souviennent en outre d'un épisode survenu cet été, en juillet sans doute. La jeune femme était cloîtrée chez elle, ne donnant pas signe de vie, ses collègues s'étaient inquiétés de ne pas la voir, et les pompiers s'étaient déplacés. Quant à une bagarre ayant précédé l'homicide, si elle a eu lieu, elle n'a en tout cas pas attiré leur attention.

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