15.04.2019 à 05:26

Ville de Genève

Elle veut que les Genevois puissent cultiver le bitume

Inspirée par Paris, une candidate à la Mairie veut introduire les «permis de végétaliser» les rues.

de
Jérôme Faas
Marie Barbey-Chappuis rêve que les riverains jardinent des espaces tels que celui-ci, à Saint-Jean.

Marie Barbey-Chappuis rêve que les riverains jardinent des espaces tels que celui-ci, à Saint-Jean.

20 Minutes / jef

Planter des fleurs sur le trottoir, y cultiver des légumes, bref, inciter les Genevois à verdir la ville. Voici le projet de Marie Barbey-Chappuis, élue municipale PDC. La candidate à la Mairie déposera mardi une motion pour que la Ville introduise un «permis de végétaliser», sur le modèle étrenné à Paris en 2015 et qui a conquis plusieurs villes françaises.

«C'est un projet simple, peu coûteux, pour embellir la cité et renforcer la convivialité», plaide-t-elle. L'habitant choisit un pied d'arbre ou un parterre, voire un carré de bitume où poser un pot. Il fait une demande (gratuite) à la Municipalité où il décrit son projet, indique le lieu, s'engage à l'entretenir, à ne pas utiliser de pesticides et à planter local. Un mois après, il reçoit (ou pas) le fameux «permis de végétaliser» le domaine public.

«A Paris, depuis 2015, il y a eu 4000 demandes pour 2000 permis délivrés», relate l'élue, qui note aussi que jardiner dans la rue crée du lien et incite à se parler. Elle ne craint pas la multiplication de friches après l'engouement initial -«A Paris, les gens crochent»- ni une surcharge pour les jardiniers municipaux. «A Montpellier, ils ont commencé par cent permis. On peut débuter avec peu. C'est du win-win: la Municipalité verdit la ville sans être directement impliquée, l'habitant gagne en qualité de vie.» Chef des Espaces verts, Daniel Oertli juge le projet «tout à fait faisable». Il a déjà reçu des demandes de particuliers, «mais c'est rare». Il n'attend donc pas des milliers de volontaires.

L'expérience de Lausanne

Le droit de jardiner en ville existe à Lausanne depuis 2012. «Une quinzaine d'autorisations d'entretien par des tiers ont été octroyées depuis 2012», dit Pascale Aubert, déléguée à la nature. Le bilan? «Dans l'ensemble positif», mais certains lieux ont été rendus, «car le travail que cela représente est parfois sous-estimé; l'arrosage est aussi un facteur limitant.» Lausanne veut relancer le projet en 2019, en faisant un appel à propositions et en finançant le matériel, dont des bacs.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!