Genève: Elle voulait des chatons, on lui pique 1000 francs
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GenèveElle voulait des chatons, on lui pique 1000 francs

Une Vaudoise a été victime de l'arnaque aux chatons. Classique, elle est néanmoins efficace, jouant sur la pitié et l'urgence.

par
Lucie Fehlbaum
Les chats n'étaient qu'un prétexte pour soutirer de l'argent.

Les chats n'étaient qu'un prétexte pour soutirer de l'argent.

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«Nous n'avons pas de chat et plus d'argent. Les enfants sont tristes et moi je ne sais pas ce qu'on va manger à la fin du mois.» Anne* est dépitée. En voulant offrir deux chatons à ses enfants, cette Vaudoise s'est fait avoir par l'arnaque aux chatons, classique mais efficace. Les filous ont suscité la pitié de la mère de famille pour lui soutirer 1000 fr. via une carte prépayée. Ils ont depuis disparu de la circulation. Elle a porté plainte.

«J'ai eu pitié»

Tout a démarré samedi. Pour honorer une promesse faite à ses quatre enfants, Anne, habitante de la campagne vaudoise, s'est mise en quête de chatons sur un site de petites annonces. Sa fille a craqué sur des «Blue Russian», mignonnes boules de poils grises. Anne a donc écrit à l'adresse email notée sous l'annonce, celle d'une certaine Marjorie. «Au téléphone, elle s'appelait finalement Ghislaine. Enceinte, elle avait dû quitter Genève pour Londres, d'où elle donnait ses chats et son chien faute de pouvoir s'en occuper. Elle semblait très peinée et j'ai eu pitié», regrette Anne. Moyennant 300 francs pour le voyage, elle a alors accepté de se faire livrer deux minous, escortés par un transporteur. Il s'engageait à déposer les félins à la porte d'Anne.

Enregistrés à sa place

Dès le lundi matin, l'agence de transport, s'il en est, a pressé la Vaudoise à payer le plus vite possible. Coups de fil et mails se sont enchaînés, «pour ne pas rater l'avion de 13h30. Ils m'appelaient d'un numéro anglais mais parlaient français avec un accent africain. J'ai trouvé cela étrange mais Ghislaine m'a assuré qu'ils étaient honnêtes», soupire Anne.

Entre pressions et soit-disant imprévus, Anne a finalement versé 1000 francs sur une carte de crédit prépayée. Rechargeable, il faut s'enregistrer en ligne pour accéder à l'argent. Les arnaqueurs l'ont fait à sa place. «Ils m'ont demandé une photo recto-verso de la carte, pour la compta. J'ai été crétine.»

Plusieurs victimes

Le coup des chatons a déjà fait plusieurs victimes en Suisse romande. La Société vaudoise de protection des animaux conseille «d'exiger une rencontre avec l'animal», idéalement avec sa fratrie, avant achat. Le porte-parole de la police genevoise, Alexandre Brahier, recommande aux acheteurs de se méfier des cartes prépayées, notamment celle utilisée par Anne mais aussi les cartes ITunes. «En somme, toutes les cartes qui ne sont pas nominatives et qu'il faut recharger soi-même, précise Alexandre Brahier. Lors d'une transaction, je recommande également aux acheteurs de ne pas dévoiler les numéros inscrits sur la carte tant qu'ils ne sont pas certains d'avoir la marchandise en retour. En donnant les références se trouvant sur la carte à d'éventuels tiers malintentionnés, ces personnes pourront utiliser l'argent se trouvant sur celle-ci. La victime aura l'impression, elle, en ayant toujours la carte sur elle, qu'elle n'aura subi aucun préjudice.»

*prénom d'emprunt

Liste officielle

L'importation commerciale d'animaux, par avion ou par bateau, existe. «Les chats voyagent avec des certificats sanitaires établis par l'autorité compétente au départ, explique Giovanni Peduto, vétérinaire cantonal vaudois. Le transporteur doit être agréé par l'autorité selon des critères officiels.» Dans le cas d'Anne, les arnaqueurs ont utilisé le nom d'une vraie entreprise. Leurs mails en reprenaient le nom, mais provenaient d'une source douteuse.

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