Dérapage aux Maldives: «Elles lui ont attrapé les seins et les ont tordus!»
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Dérapage aux Maldives«Elles lui ont attrapé les seins et les ont tordus!»

Amnesty International affirme que quatre femmes, arrêtées lors d'un rassemblement contre le gouvernement, ont été frappées et harcelées sexuellement par des agents des forces de l'ordre.

par
gco/comm
Amnesty Internationl dénonce le comportement de certains policiers aux Maldives.

Amnesty Internationl dénonce le comportement de certains policiers aux Maldives.

L'image paradisiaque des Maldives en prend un nouveau coup. D'après les témoignages recueillis par Amnesty International, quatre femmes, qui ont été arrêtées le 19 mars, ont reçu des coups pendant et après leur arrestation. Elles avaient participé à un rassemblement organisé par le Parti démocratique maldivien dans le but de protester contre l'ouverture du parlement, où le nouveau président, Mohammed Waheed, devait prononcer un discours.

Alors qu'elles étaient en détention, elles ont été forcées à se déshabiller afin de subir des fouilles au corps, au motif fallacieux qu'elles étaient soupçonnées de cacher des stupéfiants dans leur vagin. En prison, on les a obligées à se mettre nues et à s'accroupir à plusieurs reprises, indique l'ONG dans un communiqué.

Des coups de câbles

Yusra Hussein, 22 ans, a expliqué à Amnesty International que quatre policières l'ont arrêtée à l'heure du déjeuner le 19 mars, non loin des bureaux du parti démocratique maldivien. «Elles m'ont frappée alors qu'elles me mettaient les menottes. Elles m'ont donné des coups à l'estomac, ce qui fut très douloureux car j'ai eu une césarienne. Elles m'ont empoigné les seins et les ont tordus», a-t-elle déclaré.

Elles l'ont ensuite conduite du poste de police au centre de détention de Dhoonidoo, situé sur une île à environ 5km au nord-ouest de Malé. «Là, j'ai pris des coups de câbles électriques. J'ai encore des marques sur tout le corps. J'ai ensuite dû me déshabiller et m'accroupir par terre. J'ai fourni un échantillon d'urine et j'ai été soumise à une fouille au corps», poursuit la plaignante.

Les seins tordus

Et de préciser: «Ils m'ont forcée à m'asseoir dans cette position pour une fouille au corps à plusieurs reprises. À chaque fois, ça me rendait malade mais ils s'en moquaient. Ce qu'ils voulaient c'est m'humilier, car ils m'ont hurlé des mots dégoutants sans discontinuer.»

Autre victime, Mariyam Waheeda, 44 ans, a dit à Amnesty International que deux policières l'ayant arrêtée le 19 mars l'ont frappée et traînée par terre. L'ONG précise que les policières lui ont attrapé les seins et les ont tordus tandis qu'elles lui mettaient les menottes. Elles l'ont amenée au poste de police et ne l'ont libérée qu'après qu'elle les ait convaincues qu'elle n'avait pas participé aux actions de protestation.

Forcée à faire pipi

Aishath Muna, a affirmé pour sa part que que des policières l'ont appréhendée après qu'elle a amené une autre manifestante à l'hôpital. Des policiers avaient aspergé cette autre femme de gaz poivre et elle se sentait mal. Quand Aishath Muna est retournée au siège du Parti démocratique maldivien, deux policières l'ont arrêtée. Elle a déclaré que les menottes qu'elles ont utilisées sur elle étaient très serrées. Elle s'est plainte mais s'est heurtée à leur indifférence. Elle a ensuite été conduite au centre de détention de Dhoonidhoo, où elle a été forcée à se déshabiller et à subir une fouille au corps.

Enfin, Aishath Aniya dit avoir été forcée à faire un test d'urine, à enlever son t-shirt, son soutien-gorge et son jean, et à se mettre accroupie à quatre reprises.

Le gouvernement des Maldives pointé du doigt

«Les Maldives ont l'image d'une destination de vacances de luxe, et ces dernières années leur bilan en matière de droits humains était positif. Mais le fait est qu'actuellement, la répression de la contestation politique pacifique est non seulement une réalité quotidienne, mais elle a également pris un nouveau tour choquant avec ces traitements cruels et dégradants», a souligné Abbas Faiz, spécialiste des Maldives à Amnesty International.

Et de poursuivre: «Le gouvernement maldivien doit faire en sorte que ces allégations donnent lieu à des enquêtes et que les responsables présumés soient traduits en justice. Les violences physiques et le harcèlement sexuel infligés à des détenus politiques au prétexte qu'ils sont soupçonnés d'être en possession de stupéfiants doit cesser. Aucune des quatre détenues n'avaient été arrêtées pour ce motif; les fouilles au corps n'étaient donc absolument pas justifiées».

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