Actualisé 04.09.2019 à 09:16

Suisse romande

Elles passent de l'horreur aux pierres précieuses

Une structure romande s'est alliée avec une fondation du prix Nobel Denis Mukwege pour former des Africaines, dont certaines ont subi viols et guerre, à la taille des pierres précieuses.

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Un repas, un film, des échanges, des rires, des sourires et des larmes... Une sympathique cérémonie a réuni samedi à Prilly (VD) quelque 80 personnes membres, sympathisants et donateurs du Service international pour la formation et le développement intégral (Sifodi). Les parrains et marraines de cette entité dont le siège se trouve à Genève ont chacun reçu une petite surprise: une carte et une pierre semi-précieuse en guise de remerciement de la part de cinq femmes de la RD Congo, de la Tanzanie et du Kenya. «C'est grâce au soutien de nos donateurs que nous avons pu former ces femmes à la taille des pierres précieuses, du 10 juin au 16 août à Dar es Salam, en Tanzanie», révèle Yasna Kohlbrenner, vice-présidente de l'association humanitaire. Ces cours théoriques et pratiques ont été dispensés par un bijoutier basé à Montreux et sa femme d'origine tanzanienne dans leur centre de formation à Dar es Salam. Parmi les femmes bénéficiaires, certaines ont subi les affres de la guerre et/ou des viols. Leur nouvelle activité leur permettra d'avoir des revenus et de gagner en autonomie. Ensuite, elles vont former, à leur tour, d'autres femmes. Et lancer ainsi une chaîne contre la pauvreté. «Désormais, je peux identifier et tailler les pierres précieuses selon leurs catégories, fabriquer des bijoux et des bagues», a salué une participante congolaise. Le déplacement en Tanzanie a aussi été l'occasion pour Sifodi de mener un workshop en leadership

Relever la tête et avoir l'estime de soi

Pour sa première grande action sur le terrain, l'association romande basée à Genève s'est alliée avec la Fondation Panzi du prix Nobel de la paix Denis Mukwege. «C'est un départ fulgurant avec des résultats concrets. En plus de l'aspect économique, l'activité génératrice de revenus permettra à ces femmes de gagner en estime de soi», salue Laure Beloin, chargée des relations publiques de Sifodi et fonctionnaire internationale à Genève.

Sifodi prépare activement une nouvelle mission humanitaire. «En collaboration avec des ONG locales, du 22 octobre au 12 novembre des femmes togolaises vont recevoir une formation dans la conservation et la transformation des fruits et légumes», ajoute Laure Beloin. Quant à Françoise Mianda, présidente de Sifodi, écrivaine et fonctionnaire internationale à Genève, elle estime que le partenariat noué entre les donateurs et les bénéficiaires a permis de reléguer au second plan les notions de distance et de différences. «Maintenant, il y a de la proximité et de la lumière», sourit-elle.

Une autre marche que Sifodi veut franchir, l'installation d'un atelier en République démocratique du Congo, un pays dont le sous-sol est extrêmement riche. «Pour là-bas, nous avons besoin de deux machines à cabochon et deux machines à facette ainsi que du matériel mobilier», rappelle Yasna Kohlbrenner, artiste-peintre de Prilly qui a décidé de reverser une partie de la vente de ses tableaux à la structure dont elle est vice-présidente.

La formation pour vaincre la pauvreté

SIFODI est une entité dont la mission principale est de former les femmes en Afrique pour qu'elles apportent une plus-value aux ressources minières et agricoles qui sont à leur portée. La transformation de ces ressources et leur vente permettront à ces femmes de vaincre la pauvreté et de gagner en estime de soi. En d'autres termes, un développement économique et personnel.

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