Actualisé 19.01.2011 à 11:05

Procès d'un ex-banquier

Elmer reconnaît avoir menacé son ex-employeur

Un ex-employé de Julius Baer, qui a transmis lundi des noms de fraudeurs du fisc à WikiLeaks, comparaît ce mercredi devant le Tribunal de Zurich. Il reconnaît certaines accusations.

Julian Assange et Rudolf Helmer, lors de la remise d'informations du banquier au site WikiLeaks.

Julian Assange et Rudolf Helmer, lors de la remise d'informations du banquier au site WikiLeaks.

Rudolf Elmer, l'ex-banquier de Julius Baer qui comparaît depuis mercredi devant le Tribunal de district de Zurich, a partiellement admis devant les juges avoir menacé son ancien employeur. Il reconnaît aussi avoir transmis des données bancaires secrètes.

Responsable pendant huit ans de la filiale de l'établissement bancaire dans les Iles Caïmans, l'homme est notamment accusé de violation du secret bancaire. La procureure a réclamé une peine de huit mois de prison ferme et une amende de 2000 francs.

Dans l'acte d'accusation, elle avait requis une peine de huit mois de prison avec sursis. Le fait que Rudolf Elmer a transmis de nouvelles données lundi à Wikileaks l'a incité à demander une peine sans sursis car «il n'a rien appris».

Dans sa plaidoirie, l'avocate du prévenu a souligné que le secret bancaire suisse ne s'applique pas aux données provenant des Iles Caïmans. Rudolf Elmer n'a donc pas violé le secret bancaire en transmettant ces informations.

Courriels anonymes

L'ex-banquier a reconnu avoir envoyé des courriels anonymes de menace à la banque. Il n'avait pas d'autre choix, a-t-il dit, car il était «sous surveillance». La banque exerçait sur lui une «terreur psychologique», a-t-il ajouté.

A titre d'exemple, il a cité la décision de la banque de le faire passer au détecteur de mensonges. Il a refusé de s'y soumettre. Il a aussi évoqué des conflits à propos de factures d'hôpital.

Le prévenu a par contre nié avoir envoyé des courriels depuis un café internet de Zurich pour exiger 50'000 francs de la banque. Il a aussi contesté avoir envoyé une alerte à la bombe dans une filiale de Julius Baer à la Bahnhofstrasse à Zurich.

Stratégie de défense

Pour l'accusation, Rudolf Elmer prétend être un «whistleblower» (dénonciateur d'irrégularités dans une entreprise), mais c'est seulement une stratégie de défense. Il n'est donc pas étonnant qu'il nie avoir lancé une alerte à la bombe ou avoir voulu obtenir de l'argent de son ancien employeur.

L'accusé a reconnu avoir transmis des données bancaires aux autorités. Lundi, il était à Londres pour donner deux disques contenant des informations sur des chefs d'entreprises, des politiciens et des artistes à Julian Assange, fondateur de Wikileaks. De nombreux journalistes étrangers suivent le procès.

(Source vidéo: Keystone) (ats)

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