Procès: Elon Musk à la barre pour se défendre d’accusations de fraude

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ProcèsElon Musk à la barre pour se défendre d’accusations de fraude

Elon Musk est venu à la barre vendredi à San Francisco dans un procès où il est accusé de fraude par des investisseurs, pour avoir tweeté en 2018 qu’il comptait sortir Tesla de la Bourse.

Alex Spiro, avocat d’Elon Musk, arrive pour le procès des actionnaires de Tesla au Phillip Burton Federal Building le 20 janvier 2023 à San Francisco, Californie.

Alex Spiro, avocat d’Elon Musk, arrive pour le procès des actionnaires de Tesla au Phillip Burton Federal Building le 20 janvier 2023 à San Francisco, Californie.

Getty Images via AFP

Costume sombre, chemise blanche, il a prêté serment en début d’après-midi pour un témoignage qui pourrait se prolonger lundi. Le patron de Tesla – et de Twitter, depuis fin octobre – avait créé la stupeur le 7 août 2018 en affirmant qu’il voulait retirer son groupe automobile de la Bourse au prix de 420 dollars par action, puis que le financement était «sécurisé».

«Elon Musk, (alors) PDG de Tesla, a menti, et ses mensonges ont fait perdre des millions de dollars à des personnes», a lancé mercredi Nicholas Porritt, avocat des plaignants, des investisseurs rassemblés dans une action collective. Le 10 août 2018, ils avaient porté plainte contre le dirigeant d’entreprises, pour avoir «artificiellement manipulé le prix du titre de Tesla afin de complètement ruiner les investisseurs» qui pariaient sur la baisse du cours.

Ces spéculations à la baisse «devraient être illégales», a assené Elon Musk, interrogé par Nicholas Porritt vendredi à propos de son opinion concernant ce type d’investisseurs. «Ce sont des mauvaises personnes qui volent l’argent des petits investisseurs. Ils veulent que Tesla meure (…) et ils sont prêts à tout pour tuer des entreprises, c’est maléfique», a-t-il continué à l’intention du jury.

«Imprudent»

Son avocat Alexander Spiro avait assuré mercredi qu’Elon Musk avait bien l’intention de sortir Tesla de la Bourse et ne doutait pas de ses capacités de financement, grâce à des assurances du fonds souverain saoudien. Le tweet a été rédigé «de façon précipitée», le choix des mots était «imprudent», mais «ce n’est pas une fraude», avait-il martelé.

Vendredi, l’avocat des plaignants a cherché à montrer qu’Elon Musk et son entourage avaient bien conscience des conséquences de sa volubilité débridée sur Twitter. Il a évoqué un de ses tweets de juillet 2018, quand il avait traité de «mec pédo» un spéléologue britannique qui l’avait critiqué.

«Avez-vous fait une pause sur Twitter?» a demandé Nicholas Porritt, faisant référence aux conseils en ce sens d’un haut responsable de Tesla et d’un investisseur. «Je ne pense pas», a répondu le milliardaire. Tweeter «est le moyen le plus démocratique de communiquer. Cela donne le même accès à l’information à tous les investisseurs, petits ou gros», a-t-il détaillé.

Il a aussi déclaré que les réactions du marché à ses tweets n’étaient souvent pas prévisibles, et saisi une occasion de rappeler combien l’année 2018 avait été difficile à Tesla. «Je ne dormais pas à l’usine par choix, mais par obligation», a-t-il insisté, avant d’ajouter que le fait d’être coté en Bourse représentait une contrainte supplémentaire, puisque l’entreprise était exposée aux attaques des investisseurs.

Le titre de Tesla avait bondi jusqu’à 386,48 dollars juste après les tweets incriminés. Le 16 août, il était redescendu à 335,45 dollars, selon les chiffres indiqués au jury mardi par le juge Edward Chen, loin des 420 dollars par action évoqués par Elon Musk.

Le procès doit durer trois semaines. Dans une précédente décision liée à cette affaire, un juge avait estimé que le fameux tweet de 2018 pouvait être considéré comme «faux et trompeur».

(AFP)

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