Actualisé 02.07.2015 à 21:48

ZurichElues en campagne contre les délits de sale gueule

Deux politiciennes veulent que les agents justifient les contrôles d'identité, afin d'éviter des contrôles jugés abusifs.

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som/dmz

La police de la ville de Zurich se montre trop tatillonne, en particulier envers les étrangers, estiment Ezgi Akyol et Christina Schiller, deux élues de la liste alternative au législatif communal. «Les forces de l'ordre invoquent peut-être des raisons d'efficience, mais pour moi c'est du racisme», explique la première.

Les deux élues ont déposé un postulat, afin d'en finir avec ce qu'elles appellent le profilage racial, rapportait le site tsüri.ch. Elles souhaitent le lancement d'un projet pilote, où les agents seraient obligés de délivrer une quittance aux personnes contrôlées. Sur le document, devraient apparaître les raisons du contrôle et le nom des policiers qui l'ont effectué.

Exemple européen

«De cette manière, les agents auront non seulement besoin d'une raison valable pour procéder aux vérifications d'usage, mais cela évitera que certains soient fouillés plusieurs fois en peu de temps», poursuit-elle. Les politiciennes appuient leur proposition sur les recommandations de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Et selon elles, la recette a déjà prouvé son efficacité en Angleterre et au Pays de Galles. «Il a ainsi été prouvé que les policiers s'économisaient des efforts et des contrôles inutiles», conclut Ezgi Akyol. En 2012, le président français François Hollande avait voulu introduire un système similaire. Mais Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, s'y était opposé.

«Cela compliquerait le travail dans la rue»

Pour Martin Niederer, vice-président de l'Association des policiers de la ville de Zurich, cette idée est un non-sens: «Cela compliquerait le travail dans la rue serait même contre-productif. Si nous ne trouvons rien lors d'un premier contrôle, cela ne signifie pas que, lors d'un contrôle ultérieur, nous ne trouvions pas quelque chose», explique-t-il. De leur côté, les polices romandes se refusent à commenter cette proposition. Elles rappellent que les agents sont formés à la problématique du délit de faciès à travers des cours d'éthique et de déontologie.

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