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Embargo sur les diamants de guerre du Liberia levé

NATIONS UNIES - Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé vendredi à l'unanimité de ses membres de lever l'embargo sur les exportations de diamants libériens imposé en 2001, lorsque «les diamants de la guerre» alimentaient les guerres civiles en Afrique de l'ouest.

L'ambassadeur britannique auprès de l'ONU, Emyr Jones Parry, qui assure la présidence tournante du Conseil, a déclaré que la décision était «une reconnaissance des progrès réalisés au Liberia» pour respecter les conditions d'un programme international destiné à certifier l'origine des diamants sur le marché mondial, afin de s'assurer qu'ils sont extraits légalement.

Le gouvernement de la présidente Ellen Johnson Sirleaf a envoyé le 27 mars dernier sa demande d'adhésion au Processus de Kimberley, un regroupement volontaire de 71 pays en réaction aux conflits financés par le trafic de diamants au Sierra Leone et en Angola. L'organisation, qui n'accepte le commerce qu'avec les diamants certifiés, est parvenu à réduire la part des «diamants de la guerre» sur le marché mondial de 4% à 1%.

Selon l'ambassadeur libérien auprès de l'ONU, Nathaniel Barnes, le comité de Kimberley a décidé, après le vote du Conseil de sécurité, d'accepter l'adhésion du Liberia dans ses rangs.

L'embargo avait été installé pour empêcher l'ancien président du Liberia Charles Taylor d'utiliser les revenus de la vente de diamants pour alimenter le conflit dans le Sierra Leone voisin. M. Taylor a été inculpé par le Tribunal spécial pour le Sierra Leone (TSSL) pour son soutien présumé des rebelles dans ce pays, qui terrorisaient la population. Il a été arrêté l'année dernière.

L'actuelle présidente, qui a hérité d'un pays ravagé par des guerres qui ont fait 200.000 morts de 1989 à 2003, s'est réjouie vendredi de la décision du Conseil.

«Nous saluons la levée des sanctions car cela fournira à un certain degré des opportunités d'emploi pour notre peuple. Nous en avons cruellement besoin. Les recettes de l'industrie du diamant seront utilisées au bénéfice du pays», a assuré Mme Johnson Sirleaf. (ap)

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