Pandémie et santé mentale: «Tout est fermé, donc la situation s’envenime»
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Pandémie et santé mentale«Tout est fermé, donc la situation s’envenime»

Les polices constatent une hausse du nombre d’interventions pour disperser des foules ou mettre fin à des bagarres. Les experts sont très inquiets.

La police a eu bien de la peine à disperser le rassemblement, qui a parfois semblé être hors de contrôle.

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Les jeunes sont-ils en train de perdre la boule à cause du semi-confinement et du manque de perspectives d’en sortir? La presse alémanique s’est fait l’écho de plusieurs bagarres qui ont fait des blessés, ces derniers jours. Dernière en date, le week-end dernier dans le centre-ville de Zurich. Comme le montrent des vidéos sur TikTok, un rassemblement d’environ 200 personnes a tourné à l’émeute. Plusieurs d’entre elles ont été arrêtées.

C’est notamment le cas d’un jeune homme de 16 ans, impliqué dans l’émeute lors de laquelle il s’est confronté à un tiktokeur connu outre-Sarine, lui aussi âgé de 16 ans. Des coups et des gros mots ont été échangés. Le tiktokeur, qui a déposé plainte, affirme qu’il a été pris pour cible en raison de son homosexualité. Son contradicteur, lui, conteste, et explique qu’il a été arrêté par la police uniquement parce qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment: c’est-à-dire à la vue d’une patrouille de police au moment où il cherchait à s’enfuir.

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Hausse des interventions

Un autre utilisateur du réseau social, qui était présent sur place, évoque une piste plus sociologique. Ce cas ne serait pas qu’une anecdote, mais lié à la pandémie. «Tout est fermé, c’est pour ça que la situation s’envenime, dit-il. On ne peut plus rien faire, et pour nous, c’est brutal et épuisant. On se sent enfermés».

Plusieurs polices cantonales confirment avoir constaté une hausse des interventions, ces dernières semaines, pour disperser des rassemblements sur la voie publique et pour mettre fin à des bagarres. Mardi soir encore, cinq personnes ont été blessées lors d’une rixe dans le canton d’Argovie.

Les experts toujours plus inquiets

Selon le criminologue spécialiste de la délinquance Dirk Baier, il n’y a dans ces phénomènes rien de surprenant, compte tenu de la situation actuelle, qu’il compare à un chaudron dans lequel la vapeur s’accumule… avant une explosion? La présidente des psychologues scolaires zurichois, Marijana Minger, constate elle que les consultations montent en flèche. «Les adolescents que nous conseillons nous disent souvent ne plus ressentir de joie, et n’avoir plus rien qui les motive», dit-elle. Pour elle, un durcissement des mesures actuelles, ou même simplement leur prolongement, pourrait avoir des conséquences dramatiques.

(pam/dgr/ywe)

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