Genève: «Emilio ne s'est jamais remis de ce traumatisme»
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Genève«Emilio ne s'est jamais remis de ce traumatisme»

Un chenil s'attire les foudres de clientes en colère. Des plaintes ont été déposées, sans aboutir.

par
Marine Guillain
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Mélina veut absolument faire fermer le chenil.

Mélina veut absolument faire fermer le chenil.

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Son bouledogue, Emilio, y a passé 10 jours durant l'été 2015.

Son bouledogue, Emilio, y a passé 10 jours durant l'été 2015.

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«Elle était méconnaissable: amaigrie, fiévreuse et son regard était vidé de toute joie de vivre...» La petite chatte Picky aurait pu mourir cet été dans un chenil de la campagne genevoise, affirme sa maîtresse. L'an passé, une autre cliente, Mélina, n'a pas digéré que son chien ait «failli y rester» après son passage dans le même établissement. «Emilio a contracté une otite et s'est blessé aux yeux. Le personnel du lieu, censé être professionnel, l'a mal pris en charge, raconte-t-elle aujourd'hui, encore révoltée. Il a dû être opéré et est maintenant sourd. Il ne s'est jamais vraiment remis, il a subi un tel traumatisme.»

Mélina a porté plainte auprès du vétérinaire cantonal (lire ci-dessous) et de la police, sans succès. Le Ministère public a classé la plainte, après «une enquête minutieuse de la police», indique-t-il dans un courrier. La maîtresse d'Emilio a tenté d'alerter les amoureux des bêtes. Sur les réseaux sociaux, une douzaine d'ex-clients et ex-employés critiquent le chenil: saleté, puanteur, animaux récupérés dans un sale état.

«Ce ne sont que des bêtises, ça me fait mal au cœur!» déplore la directrice du chenil. Depuis plus de 50 ans, des milliers de clients lui confient leurs animaux et sont très contents, assure-t-elle. Les réactions des maîtresses de Picky et Emilio (qui ne se connaissent pas) sont rares. «Le chien et le chat sont tombés malades chez nous, ça arrive. Nous avons fait ce qu'il fallait, et elles m'ont menacée de faire couler le chenil si je ne payais pas leur facture de vétérinaire». Des douloureuses qui s'élèvent respectivement à 9000 et 5000 fr. Quant aux ex-employés, «il s'agit certainement de stagiaires que je n'ai pas gardés car ils travaillaient mal»

A qui s'adresser en cas de problème

Le service des affaires vétérinaires (SCAV) ne peut commenter de cas particulier. Lorsqu'il reçoit une dénonciation écrite, il va faire des contrôles sans prévenir sur le lieu incriminé. «Comme nous le faisons de toute façon régulièrement dans tous les espaces qui accueillent des animaux», précise Laurent Paoliello, porte-parole du département de la santé. Si quelque chose cloche, le SCAV a toute une palette de mesures pour lui permettre de protéger les animaux, comme donner des délais pour se mettre en conformité, ou faire fermer l'établissement, de manière provisoire ou définitive.

«On peut constater des conditions de vie inadéquates pour les animaux, mais pas un délit de maltraitance qui n'est pas flagrant, qui n'a aucun élément visible et concret (blessures, comportement) pour corroborer cette hypothèse», poursuit Laurent Paoliello. Il faut alors déposer une plainte auprès de la police ou entamer une action civile. Dans le cas de Mélina, le Ministère public a classé la plainte, après «une enquête minutieuse de la police», indique-t-il dans un courrier.

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