Présidentielle française: Emmanuel Macron ou la stratégie du météore
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Présidentielle françaiseEmmanuel Macron ou la stratégie du météore

Inconnu des Français il y a à peine trois ans, Emmanuel Macron a remporté dimanche le premier tour de l'élection présidentielle.

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Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. (Lundi 8 mai 2017)

Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. (Lundi 8 mai 2017)

AFP
Des manifestations anti-Macron ont eu lieu à Paris lundi, à l'appel du collectif «Front social» et des syndicats. (Lundi 8 mai 2017)

Des manifestations anti-Macron ont eu lieu à Paris lundi, à l'appel du collectif «Front social» et des syndicats. (Lundi 8 mai 2017)

AFP
François Hollande et Emmanuel Macron déposent une gerbe ensemble sous l'Arc de Triomphe pour ouvrir les commémorations du 8 mai 1945. (lundi 8 mai 2017)

François Hollande et Emmanuel Macron déposent une gerbe ensemble sous l'Arc de Triomphe pour ouvrir les commémorations du 8 mai 1945. (lundi 8 mai 2017)

AFP

Le centriste Emmanuel Macron, arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle en France, a dit quelques mots ce dimanche auprès de l'AFP.

«Les Français ont exprimé leur désir de renouvellement. Notre logique est désormais celle du rassemblement que nous poursuivrons jusqu'aux élections législatives», a déclaré l'ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron, âgé de 39 ans, qui a démissionné en août du gouvernement pour fonder un mouvement politique.

Nouveau départ

L'ancien ministre de l'Economie va entamer ces deux dernières semaines de campagne dans l'habit du favori et pourrait devenir, à 39 ans, le plus jeune président de l'histoire de la Ve République.

Le 26 août 2014, les Français découvrent le visage de leur nouveau ministre de l'Economie. Emmanuel Macron, alors âgé de 36 ans, remplace Arnaud Montebourg à Bercy.

Par cette nomination, le Premier ministre Manuel Valls entend marquer le tournant social-libéral décidé par le président François Hollande. Jamais élu et ayant quitté le PS depuis 2009, l'ancien banquier d'affaires revêt un profil libéral atypique dans l'exécutif socialiste.

Distances par rapport à Hollande

Son charisme et son intelligence vont rapidement en faire l'un des membres les plus visibles et les plus populaires du gouvernement Valls II, au point de faire de l'ombre au Premier ministre et au président.

Il ose prendre ses distances par rapport à la ligne officielle à plusieurs reprises, mais François Hollande, qui l'a pris sous son aile depuis 2006, rechigne à désavouer publiquement son protégé.

Une attitude qui aura sans doute permis à Emmanuel Macron de s'émanciper plus rapidement de son mentor politique et de prendre ses distances avec un quinquennat dont le bilan suscite le courroux d'une majorité des Français.

«Parricide»

Après avoir fondé son mouvement En Marche ! en avril 2016, il annonce le 16 novembre qu'il fait acte de candidature à la présidentielle, alors que M. Hollande n'a pas encore communiqué ses intentions. Ce «parricide» constituera le dernier clou dans le cercueil des ambitions électorales du président, qui indiquera renoncer concourir pour un second mandat deux semaines plus tard.

Depuis lors, les étoiles semblent s'aligner sur le chemin présidentiel du natif d'Amiens. D'abord, les primaires de la droite et du centre débouchent sur la victoire de François Fillon, dont le programme économiquement libéral et sociétalement conservateur rebute les modérés.

En janvier, les primaires de la Belle Alliance populaire sacrent Benoît Hamon, un frondeur positionné à la gauche du Parti socialiste qui s'est aliéné l'aile réformiste chère à Hollande et Valls.

Centriste et pro-européen

Centriste revendiqué, Macron qualifie sa politique «ni de droite, ni de gauche». Face au spectre d'une victoire de Marine Le Pen, le chef du Modem François Bayrou a renoncé à se présenter pour soutenir le jeune ambitieux.

Des personnalités politiques allant de l'ancien secrétaire national du Parti communiste Robert Hue à l'ancien ministre socialiste de la Justice Dominique Perben en passant par l'écologiste Daniel Cohn-Bendit et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian ont également choisi de prendre parti pour le fondateur d'En Marche !

Seul candidat ouvertement pro-européen dans cette campagne, Emmanuel Macron est partisan d'une société et d'une économie ouvertes. Parti de nulle part, il pourrait devenir le premier candidat à occuper la magistrature suprême française sans avoir bénéficié du soutien d'un des deux grands partis qui structurent la vie politique française depuis soixante ans. (ats)

L'essentiel du programme de Macron

Budget et fiscalité

- Suppression de 120'000 postes de fonctionnaires

- Réduction des dépenses publiques de 60 milliards d'euros en cinq ans

- Allègement des charges sur les salaires

- Baisse de l'impôt sur les sociétés

- Transformation de l'impôt sur la fortune en «Impôt sur la fortune immobilière» (patrimoine financier exclu)

Europe

- Budget, Parlement et ministre des Finances uniques pour la zone euro

- Création d'une force de 5000 garde-frontières européens

- Réserver l'accès aux marchés publics européens aux entreprises localisant au moins la moitié de leur production en Europe

Travail

- Système universel d'assurance-chômage financé par l'impôt

- Bonus/malus pour les entreprises abusant des contrats courts

- Suspension du versement des allocations chômage après le refus de plus de deux offres d'emploi «décentes»

Protection sociale

- Système de retraite universel «avec des règles communes de calcul»

- Revaloriser de 100 euros par mois l'allocation pour les adultes handicapés et le minimum vieillesse

- Prise en charge à 100% des lunettes et prothèses auditives et dentaires d'ici 2022

Ecologie

- Réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d'énergie d'ici 2025

- Prime de 1000 euros pour l'achat d'un véhicule moins polluant

- D'ici 2022, 50% d'aliments bio ou écologiques dans les cantines scolaires ou d'entreprises

Vie publique

- Interdiction aux parlementaires d'employer des membres de leur famille

- Réduction d'un tiers du nombre de parlementaires

- Pas plus de trois mandats successifs

Education, culture, famille

- Autonomie des établissements scolaires et universitaires pour le recrutement

- Création de 4000 à 5000 postes d'enseignants

- Interdiction de l'usage des téléphones portables au collège et à l'école primaire

- Enseignement sur le fait religieux à l'école

- Pass culture d'un montant de 500 euros pour chaque Français de 18 ans

- Autoriser la PMA (Procréation médicalement assistée) pour les couples de femmes et les femmes seules

Sécurité et défense

- Création de 10'000 postes de policiers et gendarmes

- 15'000 nouvelles places de prison

- Toute peine prononcée sera exécutée

- Service militaire obligatoire d'un mois

Immigration et discrimination

- Examen des demandes d'asile en moins de 6 mois, recours compris

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