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FranceEmmanuel Macron planche sur son casting et la bataille des législatives

Après la réélection d’Emmanuel Macron, un expert pense qu’il «ne va pas nommer un chef de guerre pour les législatives» de juin comme Premier ministre, plutôt quelqu’un «pour les trois ans à venir».

Emmanuel Macron a besoin de «sang frais», selon ses proches.

Emmanuel Macron a besoin de «sang frais», selon ses proches.

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Réélu, dimanche, à la présidence française, Emmanuel Macron doit désormais choisir un Premier ministre, qui formera un gouvernement, ainsi que des conseillers pour incarner le renouvellement promis, tout en se lançant dans la bataille cruciale des législatives. Le choix de ce «sang frais» dont il a besoin, selon ses proches, ne devrait cependant pas intervenir avant début mai, le président réélu s’étant donné «une semaine de recul» après sa victoire face à la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen.

Il y a cinq ans, Emmanuel Macron a fait irruption au premier plan de l’arène politique en surfant sur le délitement des grandes formations traditionnelles. Son parti, La République en marche (LREM), avait conquis la majorité à l’Assemblée nationale en 2017, mais n’est pas bien implanté sur tout le territoire. Il avait surtout débauché au centre-droit, le vote du centre-gauche paraissant acquis.

Cette fois, tout reste ouvert sur la coloration politique des nouveaux entrants, y compris pour le poste de Premier ministre. De nombreux noms circulent, mais la seule certitude est que l’actuel Premier ministre, Jean Castex, quittera bientôt ses fonctions, comme il l’a annoncé.

Une personnalité rassembleuse

«Le président ne va pas nommer un chef de guerre pour les législatives, mais celui qui sera capable de faire avancer le pays pour les trois années à venir, les législatives ne modifieront ses choix qu’à la marge», affirme un pilier de la majorité. Pour le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, «il faut une personnalité qui rassemble» et qui puisse «répondre aux grands défis mis au premier rang par le président». Avec «une adéquation entre les objectifs – écologiques – et la personnalité qui l’incarne», a-t-il dit sur la radio France Inter.

Le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, partage cette analyse: en choisissant son Premier ministre, «le président aura à cœur de montrer un premier élément de rassemblement». Emmanuel Macron aime surprendre: voudra-t-il réitérer les «coups» du premier quinquennat, parfois clivants, ou optera-t-il pour des choix plus consensuels et des politiques aguerris?

Les noms de personnalités aux profils différents circulent, de l’actuelle ministre du Travail, Élisabeth Borne, à ceux de l’Économie, Bruno Le Maire, ou de l’Intérieur, Gérald Darmanin. L’hypothèse Christine Lagarde, de la Banque centrale européenne, semble écartée. Dans le gouvernement, certains devraient rester et des nouveaux ralliés, de gauche comme de droite, pourraient faire leur entrée.

Au sprint

Pour la bataille des législatives, prévues en juin, le camp présidentiel, qui cherchera à construire une majorité solide, affronte des adversaires bien décidés à prendre leur revanche, à faire de ces législatives un «troisième tour», voire à imposer une cohabitation.

Le délai inédit entre la présidentielle et le premier tour des législatives, le 12 juin, a des allures de course de fond, mais les principaux opposants, Marine Le Pen et le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, arrivé en troisième position au premier tour de la présidentielle, l’ont commencée au sprint.

Républicains et socialistes survivront-ils?

Dimanche, deux sondages montraient qu’une majorité de Français ne voulaient pas que les troupes d’Emmanuel Macron remportent les législatives (63% selon OpinionWay, 56% selon Ipsos Sopra-Steria). Pour les formations traditionnelles comme Les Républicains (LR) et le Parti socialiste (PS), laminées lors cette présidentielle, l’ambition est de résister aux forces d’attraction du macronisme et de survivre à la recomposition des blocs radicaux, à droite et à gauche.

Lors des législatives de 2017, sur fond d’abstention record (57,36%) et de «dégagisme» des partis historiques, Emmanuel Macron s’était retrouvé avec une majorité absolue avec, à la clef, des cohortes de néodéputés. Et en 2022? «Les législatives vont être compliquées. Il n’y aura pas d’effet de souffle», pronostique un ex-ténor de la droite converti au macronisme.

(AFP)

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