Emmanuelle Seigner: «Dans ma vie, tout m'est arrivé par hasard»
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Emmanuelle Seigner: «Dans ma vie, tout m'est arrivé par hasard»

PARIS – L'actrice française Emmanuelle Seigner, épouse du réalisateur Roman Polanski, a rejoint le groupe Ultra Orange. Le premier album du nouveau trio sort vendredi 23 mars. Interview.

– Racontez-nous votre rencontre avec Ultra Orange...

– C'est arrivé par hasard en 2004, sur le tournage du film «Backstage». Gil Lesage d'Ultra Orange est styliste à ses heures perdues, et elle m'a habillée pour le film. Une amitié s'est tout de suite installée entre nous car nous avions les mêmes goûts musicaux et les mêmes intérêts. Elle me parlait souvent de son compagnon et membre du duo Ultra Orange, Pierre Emery. Un jour, elle est arrivée avec un CD de trois chansons, et m'a dit qu'elle aimait bien ma voix et qu'ils avaient envie de travailler avec moi. On a commencé à enregistrer, de manière complètement informelle, un titre, puis deux, puis trois... Au bout du compte, cela a donné un album complet!

– Alors que ce n'était pas le but recherché au départ...

– Tout à fait. Au début, on ne pensait pas faire un disque dans le but de le commercialiser. On le faisait pour l'amitié, le plaisir d'être ensemble, ce qu'on partageait.

– Pourquoi vous lancer dans la musique à 40 ans?

– Pourquoi pas! En fait, l'envie est née de ma rencontre avec le groupe. Cela nous a plu et les choses se sont enchaînées. Je dirais que c'est dû au destin, mais qui nous a échappé, et j'en suis ravie! Vous savez, avant d'être mannequin, je ne me suis jamais dit: «Je voulais être mannequin». Pareil pour le cinéma.

– Tout vous est arrivé par hasard alors?

– Oui: quand j'avais 14 ans, un photographe m'a trouvée au jardin du Luxembourg à Paris, j'ai commencé le mannequinat et ç'a marché! J'ai rencontré Godard dans un hôtel, et il m'a placée dans un film. C'est toujours ainsi que cela s'est passé dans ma vie. Du coup, j'énerve tout le monde!

– Pourquoi? Parce que vous avez eu beaucoup de chance?

– Ce n'est pas toujours de la chance, car je l'ai aussi payé assez cher parfois. Et puis, je travaille et m'investis, ce qui contribue aussi au succès. Mais je dois dire que je crois beaucoup au destin, au hasard de la vie et aux rencontres.

– Vous pensez poursuivre vos deux carrières, celle d'actrice et celle de chanteuse?

– Je ne sais pas si on peut parler pour moi d'une carrière de chanteuse. J'ai fait cet album, peut-être j'en ferai d'autres, peut-être pas... Si ça se trouve, tout le monde va trouver le disque nul!

– Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais?

– Ce n'est pas une pause, pour faire genre. Déjà, l'anglais fait partie de ma vie puisque je vis avec un étranger depuis très longtemps (n.d.l.r.: Emmanuelle est mariée au réalisateur Roman Polanski) et nous parlons autant l'anglais que le français ensemble. D'ailleurs, j'ai tourné la plupart de mes films en anglais. Ensuite, on trouvait que l'anglais se prêtait mieux au genre de musique que l'on voulait faire.

– Vous parlez anglais avec votre mari, vous tournez en anglais et maintenant chantez aussi dans la langue de Shakespeare. Vous considérez-vous toujours Française?

– Oui, bien sûr. Le fait que j'ai passé la moitié de ma vie avec un Polonais a certes une influence. J'ai voyagé plusieurs fois aux Etats-Unis et en Angleterre, mais j'habite en France, et on peut très bien parler anglais en habitant en France, non?

– Cet album, l'avez-vous écrit à trois?

– Non, c'est Pierre Emery qui a composé toutes les chansons, la musique et les paroles.

– On dirait que l'amour est le thème qui domine dans les paroles...

– Oui, cela parle des relations, du manque de communication, de sentiments, d'amour...

– On entend un léger accent français quand vous chantez en anglais. Est-ce que vous le travaillez?

– Non, c'est spontané. En plus l'accent n'est français mais européen. On a voulu que cela reste comme ça car cela donne un mystère.

– Comment votre sœur cadette Marie-Amélie, elle aussi chanteuse, a réagi en entendant votre disque?

– Elle a adoré! Elle trouvait que cela me ressemblait beaucoup.

– Elle ne vous voit pas comme une rivale?

– Non pas du tout, car elle a un autre registre, dans le genre Barbara. On n'est pas du tout dans le même créneau.

– Ultra Orange & Emmanuelle démarre sa tournée ce printemps. Y aura-t-il des dates en Suisse?

– Je pense que oui. Il y a de grandes chances!

Caroline Goldschmid

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